Barroso/Van Rompuy : selon Barnier, il ne doit en rester qu'un

Dans un discours hier (9 mars), le commissaire au marché intérieur, Michel Barnier, a déclaré que les positions du président du Conseil européen et du président de la Commission européenne devraient être exprimées par un « président de l'UE ». Un reportage d'EURACTIV France.

Barroso Barnier single market_Picnik.jpg
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Dans un discours hier (9 mars), le commissaire au marché intérieur, Michel Barnier, a déclaré que les positions du président du Conseil européen et du président de la Commission européenne devraient être exprimées par un « président de l'UE ». Un reportage d'EURACTIV France.

Michel Barnier a de l'ambition pour l'UE. A l’occasion de la journée de l’Europe, lundi 9 mai, le commissaire français au Marché intérieur et aux Services a prononcé un discours aux accents fédéralistes devant des étudiants de l'université Humboldt à Berlin.

Deux en un

« La nouvelle Europe doit être une véritable “Fédération des Etats nations”, a déclaré le responsable européen. Il lui faudra bien un jour un président ou une présidente de l’Union européenne qui cumulera la mission de présider le Conseil européen et la fonction d’animer le collège des commissaires », autrement dit, la Commission européenne.

Actuellement, ces deux postes sont distincts. Le premier – nouveauté du Traité de Lisbonne sur le fonctionnement des institutions européennes – est détenu par le Belge Herman Van Rompuy, et le second par le Portugais José Manuel Barroso.

Ces propositions n’ont rien à voir avec le travail des personnes actuellement en place, assure-t-on dans l’entourage de Michel Barnier. L’objectif est de rendre, à terme, l’action de l’Union européenne “plus lisible” . Cette fusion des postes permettra aussi aux responsables européens de mieux “rendre compte” aux citoyens de l’action de l’Europe.  

Même pas besoin de réformer

L’idée n’est pas neuve. Elle avait déjà été évoquée lors de la Convention sur l’avenir de l’Europe en 2002, mais "sans être réellement discutée", explique Piotr Kaczynski du Centre of European Policy Studies. "C’est la première fois qu’une personnalité de ce rang se prononce en sa faveur", ajoute-t-il. 

Quels pourraient être les avantages de cette fusion ? Avant toute chose, rendre l’Union plus visible. Les présidences multiples brouillant les cartes sur les rôles de chacun. « L’exécutif européen en sortirait renforcé. Et il serait probablement plus efficace », ajoute le chercheur.

Cette proposition ne nécessite pas de réformer le traité de Lisbonne. « En 2014, le Parlement européen devra désigner un nouveau président de la Commission européenne, qui sera issu du groupe politique vainqueur des élections européennes. Dans la foulée, il faudra aussi renouveler le président du Conseil. Pourquoi, dans ce cas, ne pas choisir la même personne pour les deux postes ? Rien ne l’interdit dans le texte », explique Piotr Kaczynski.

Suffrage universel direct

Mais, selon le chercheur, ce scénario est peu probable. « 5% de chance. 6 depuis Michel Barnier s’y est déclaré favorable ».

Reste que l’ambition du commissaire irait même plus loin. Selon lui, l’élection des dirigeants de l’Union européenne devrait, à terme, avoir lieu au suffrage universel direct, explique son entourage. Comme c’est le cas, depuis 1979, pour les parlementaires européens.