Besson veut exporter les tests sur la sûreté nucléaire

Quinze jours avant la remise du rapport d’EDF sur le bilan de la sûreté nucléaire des centrales en France, le gouvernement français multiplie les déclarations.

EURACTIV.fr
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Quinze jours avant la remise du rapport d’EDF sur le bilan de la sûreté nucléaire des centrales en France, le gouvernement français multiplie les déclarations.

EDF devrait remettre à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) les résultats de son analyse sur la sécurité des centrales, autour du 15 septembre. 

Ces rapports font suite à la demande du gouvernement français et de l’Union européenne de procéder à un audit de la sûreté des centrales en Europe, après la catastrophe nucléaire de Fukushima (Japon) au mois de mars. 

Propager les tests

Deux semaines avant cette échéance, les déclarations se multiplient en France. En amont d’une visite du premier ministre François Fillon à la centrale nucléaire de Bugey (Ain), Eric Besson a déclaré, lundi 29 août sur France2, qu’il demanderait à l’Agence internationale de l’énergie (AEIA) d’élargir au niveau mondial les tests actuellement effectués en Europe. “Les tests de sûreté que nous avons fait en Europe (…) je vais demander à ce que ce soit étendu à l’échelle internationale”, a déclaré le ministre sur France2. 

Le Premier ministre a renchéri un peu plus tard dans la matinée en indiquant que la France conservait “une avance technologique et une maîtrise internationalement reconnue” en matière de sûreté. 

Il a par ailleurs déclaré : “C’est un engagement intangible des pouvoirs publics et singulièrement de mon gouvernement que d’assurer, dans un processus continu et exigeant, la qualité et la sûreté de notre parc nucléaire.”

Ces déclarations visent à rassurer après les critiques formulées par l’ASN à l’égard d’EDF dans la construction de l’EPR de Flamanville. Treize écarts de construction auraient été constatés par l’autorité. 

Mais également à faire comprendre la position du gouvernement français sur le maintien du nucléaire dans le mix énergétique du pays. François Fillon a insisté sur « la place essentielle » de cette énergie dans l’économie. 

Peu de chances de succès

Au-delà de ces considérations nationales, l’idée formulée par Eric Besson d’exporter les « stress tests » a très peu de chances d’aboutir. Déjà proposé par l’AEIA elle-même au printemps, après la catastrophe de Fukushima, ce projet de transformer l’Agence en autorité de sûreté nucléaire mondiale n’a pas entraîné une vague d’adhésion. 

« Regardons le «succès» que rencontre ce genre de système en matière de non prolifération nucléaire… Comment imposer de telles mesures à des pays qui ne veulent pas obéir?”, s’interrogeait à l’époque le président de l’autorité de sûreté nucléaire, André-Claude Lacoste à EURACTIV.fr. 

Au sein de l’AIEA, des pays comme la Chine, les États-Unis, la Russie ou l’Inde refusent de se voir imposer des normes de sûreté contraignante par cette autorité. 

Le ministre de l’Energie français est d’ailleurs bien conscient de la difficulté à pousser cette idée. “Il faudra de l’huile de coude et il faudra plaider pour ça, vous l’imaginez bien”, a-t-il déclaré. 

De son côté, EDF a indiqué fin juillet que l’entreprise augmenterait ses investissements dans l’exploitation et la sûreté des centrales à l’horizon 2015 pour « intégrer les enseignements liés à Fukushima ». 

Après la remise des rapports à l’ASN, l’autorité procédera à l’examen des dossiers et rendra son avis autour du 15 novembre. 

Les dirigeants européens devraient se pencher sur les résultats des stress tests européens, lors de leur réunion du 9 décembre.