Biélorussie : Alexandre Loukachenko exhorte la Russie et l'Ukraine à mettre fin à la guerre

Alors que des troupes ukrainiennes ont franchi la frontière russe, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a appelé Kiev et Moscou à négocier, tout en prévenant être prêt à répondre par la force à toute «provocation».

EURACTIV.com avec Reuters
Russian President Putin meets with Belarussian counterpart Lukashenko in Karelia
Dans une longue interview, le président biélorusse a affirmé que seules des « personnes haut placées d’origine américaine » souhaitent que la guerre entre l’Ukraine et la Russie se poursuive. [Kremlin pool/EPA/EFE]

Alors que des troupes ukrainiennes ont franchi la frontière russe, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a appelé Kiev et Moscou à négocier, tout en prévenant être prêt à répondre par la force à toute «provocation». 

Alors que des milliers de soldats ukrainiens ont franchi la frontière russe depuis le 6 août dernier, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a expliqué à une chaîne de télévision russe que seules des « personnes haut placées d’origine américaine » souhaitent que la guerre entre l’Ukraine et la Russie se poursuive.

L’Occident, a-t-il ajouté, encourage Kiev à se battre parce qu’il veut que l’Ukraine et la Russie « se détruisent mutuellement », d’après des extraits de l’entretien publié jeudi sur le site Internet de la présidence biélorusse.

La Russie a déclaré jeudi 15 août qu’elle renforcerait ses défenses frontalières, alors que des centaines de milliers de civils russes ont reçu l’ordre d’évacuer la région de Koursk, dans l’ouest du pays. Kiev a annoncé que ses forces avaient progressé de 35 km en Russie depuis la semaine dernière, et qu’elles continuaient à gagner du terrain.

Alexandre Loukachenko a également laissé entendre, sans fournir de preuves, que Kiev pourrait avoir l’intention d’attaquer la Biélorussie, ajoutant que Minsk ne permettrait pas aux troupes ukrainiennes de « piétiner [le] pays ».

Le président biélorusse est l’un des principaux soutiens de Vladimir Poutine, depuis que le président russe a ordonné l’invasion générale de l’Ukraine en février 2022. Certaines colonnes russes étaient à l’époque parties de Biélorussie pour tenter de prendre Kiev.

Alexandre Loukachenko appelle aujourd’hui à des pourparlers.

« Asseyons-nous à la table des négociations et mettons fin à cette querelle », a-t-il déclaré. « Ni le peuple ukrainien, ni les Russes, ni les Biélorusses n’en ont besoin. C’est l’Occident qui en a besoin. »

Pour Moscou, toute négociation doit reposer sur la cession par l’Ukraine d’un cinquième de son territoire. L’Ukraine affirme quant à elle être prête à participer à des pourparlers, à condition que sa souveraineté et son intégrité territoriale soient pleinement respectées.

Alexandre Loukachenko a accusé l’Occident de parier sur le fait que la situation dans la région de Koursk encourage les mobilisations des troupes biélorusses et russes, et « ébranle la société de l’intérieur ».

« Nous ne voulons pas d’escalade ni de guerre contre l’ensemble de l’OTAN. Ce n’est pas ce que nous voulons », a-t-il poursuivi.

Mais si l’Ukraine provoque la Biélorussie, Alexandre Loukachenko a prévenu : « Nous n’aurons pas d’autre choix ».

Le président biélorusse a qualifié le conflit de « guerre commune » opposant la Biélorussie et la Russie à « ces bêtes » — Kiev et ses alliés occidentaux — et a affirmé que Moscou «soutiendrait » la Biélorussie en cas d’attaque sur son territoire.

Samedi, Minsk a annoncé l’envoi de troupes pour renforcer sa frontière avec l’Ukraine, après avoir accusé Kiev de violer son espace aérien avec des drones. Kiev a répondu n’avoir vu aucun signe d’un tel renforcement.

Alexandre Loukachenko a réitéré les allégations de violation de l’espace aérien et a déclaré que les troupes biélorusses étaient envoyées à la frontière pour « empêcher une intrusion ».

Il a ajouté que Minsk ne voyait aucune raison d’utiliser les armes nucléaires russes, déployées sur le territoire biélorusse l’année dernière, à moins que ses frontières ne soient violées.

« Nous n’utiliserons aucune arme tant que vous n’aurez pas franchi notre frontière nationale », a-t-il affirmé.