Biodiversité : Les politiciens européens peuvent-ils relever le défi? [FR]

Les bonnes intentions et les ambitions élevées ont été confrontées aux dures réalités de la politique lors d'un débat de la Semaine verte sur la réponse des politiciens à la crise de la biodiversité.

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Les bonnes intentions et les ambitions élevées ont été confrontées aux dures réalités de la politique lors d’un débat de la Semaine verte sur la réponse des politiciens à la crise de la biodiversité.

Le Professeur Tim O’Riordan de l’université d’East Anglia a lancé le débat en exprimant ses doutes sur la capacité de l’UE à résoudre la crise de la biodiversité. Cet expert britannique de l’environnement a ainsi dénoncé le manque de compétences de l’UE en matière de planification et le caractère inadapté des instruments utilisés par les institutions européennes pour effectuer des analyses d’impact. Il a recommandé d’intégrer un bureau de contrôle de la qualité de l’environnement au Secrétariat général de la Commission et a indiqué que les citoyens européens souhaitaient établir un « contrat écologique » avec leurs hommes politiques.

Le député européen allemand Karl-Heinz Florenz a souligné la nécessité de mener le débat sur la biodiversité, au-delà des « cercles écologiques », avec l’industrie, les agriculteurs et les régions. « Ce débat porte sur davantage que la survie du papillon, il concerne l’utilisation de nos ressources pour nos économies, » a-t-il déclaré, concluant que l’économie ne pouvait fonctionner sans un environnement sain.

Le secrétaire général du ministère fédéral autrichien de l’agriculture, la sylviculture et l’environnement, Werner Wutscher, a mentionné les efforts de la présidence autrichienne de l’UE pour lutter contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité. Selon lui, il faut faire prendre conscience de ces problèmes aux citoyens européens en démontrant le lien entre la biodiversité et leur mode de vie. Il a utilisé l’exemple des semaines en Autriche consacrées au développement durable (« nachhaltige Wochen« ), au cours desquelles les producteurs de denrées alimentaires et les détaillants mettent en avant, par le biais de campagnes spéciales, des produits locaux écologiques. M. Wutscher a également recommandé de débattre de la dernière communication de la Commission sur la biodiversité dans toutes les formations du Conseil (et pas seulement dans celle consacrée à l’environnement).

La secrétaire générale de la Commission, Catherine Day, a évoqué le « projet pour les citoyens » de l’UE et précisé que la biodiversité devait être intégrée à l’agenda de Lisbonne. Elle estime que la stratégie de la Commission dans le domaine de la biodiversité est suffisamment ambitieuse et se déclare consciente des « lacunes politiques » à cet égard. « L’environnement et le développement durable font partie du projet européen, » a indiqué Mme Day, « mais sont encore plus importants pour les citoyens et pour les élites politiques. »