Blocage du traité : Barroso met en garde Varsovie et Londres [FR]
A l'approche de ce qui promet être un sommet agonisant, le président de la Commission José Manuel Barroso a averti la Pologne que d'autres membres de l'UE pourraient lui tourner le dos lors des futures négociations budgétaires si elle persistait à bloquer un accord sur un nouveau traité européen.
A l’approche de ce qui promet être un sommet agonisant, le président de la Commission José Manuel Barroso a averti la Pologne que d’autres membres de l’UE pourraient lui tourner le dos lors des futures négociations budgétaires si elle persistait à bloquer un accord sur un nouveau traité européen.
Dans une série de commentaires émis le 19 juin 2007, le président de la Commission a expliqué que la Pologne pourrait se trouver isolée lorsque le bloc réviserait ses finances en 2008 si elle continuait à menacer de poser son veto à une version réduite de la Constitution européenne qui a été rejetée par les Français et les Néerlandais en 2005.
La Pologne est le pays qui reçoit le plus de fonds européens et devrait obtenir, au cours de sept prochaines années, 67 milliards d’euros de transferts des pays riches occidentaux comme l’Allemagne, premier contributeur net au budget européen.
Bien que les fonds lui aient déjà été attribués, J. M Barroso a suggéré que la Pologne pourrait se trouver confrontée à des réactions hostiles si elle bloquait les efforts de l’actuelle présidente de l’UE, la chancelière allemande Angela Merkel, visant à sortir l’Europe de la paralysie institutionnelle lors du Sommet européen qui se tiendra à Bruxelles les 21 et 22 juin 2007.
Soulignant le fait qu’il est « dans l’intérêt » des nouveaux membres comme la Pologne de « montrer que leur adhésion à l’UE ne rend pas plus compliquée la vie de l’UE », il a averti : « Le mécanisme de solidarité sera naturellement fragilisé car il règnera un climat d’échec, de méfiance ».
La Pologne, le plus grand pays d’Europe orientale au sein des 27 membres de l’UE, a déclaré qu’elle se battrait jusqu’au bout pour obtenir un changement dans le système de vote adopté dans la Constitution. Elle se montre inflexible sur le fait que le système à la double majorité prévu, qui serait plus représentatif de la taille de la population des pays et qui favoriserait donc l’Allemagne, devrait être remplacé par un système où les voix sont attribuées en fonction de la racine carrée de la population de l’Etat (EURACTIV 18/06/07).
A ce jour, seuls les Tchèques ont accordé leur soutien à la Pologne. Cette dernière s’est pourtant retrouvée isolée lorsque le premier ministre tchèque, Mirek Topolanek, a déclaré le 29 juin 2007 que son pays ne « se plierait pas en quatre » pour soutenir le gouvernement polonais.
Le premier ministre polonais, Jaroslaw Kaczynski, a néanmoins souligné que son pays cherchait seulement à être traité équitablement et qu’il défendrait sa position avec « grande fermeté ».
José Manuel Barroso a également appelé le Royaume-Uni à plus de flexibilité, le premier ministre britannique Tony Blair ayant durcit sa position lors de négociations en déclarant qu’il refuserait de franchir certaines limites concernant la politique étrangère, la sécurité sociale et la fiscalité, la justice pénale et une charte des droits fondamentaux prévoyant le droit de grève (EURACTIV 19/06/07).
José Manuel Barroso a affirmé : « La dérogation ne peut pas et ne doit pas être la règle. Si nous acceptons le système de la dérogation comme règle, l’Union finira par disparaître ».
Il a donc recommandé à Londres et à Varsovie : « Essayez d’être constructifs. Tous les Etats membres défendent leurs positions, mais ne vont pas jusqu’à menacer d’un ‘veto’ ou jusqu’à évoquer des ‘limites’. Ces termes ne sont pas appropriés dans une Union qui souhaite tenir ses promesses ».
Dans ces conditions, le sommet qui devrait durer deux jours pourrait s’avérer plus long que prévu. José Manuel Barroso a prévenu : « Nous ne devrions pas quitter Bruxelles avant d’être parvenus à un accord »‘.