Brésil: la République en Marche déplore une «tragédie électorale»
Le parti présidentiel français, la République en marche, a déploré l'élection de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil.
Le parti présidentiel français, la République en marche, a déploré l’élection de Jair Bolsonaro à la présidence du Brésil.
Jair Bolsonaro, candidat de l’extrême droite, a été officiellement déclaré dimanche soir élu à la présidence du Brésil avec 55,2 % des voix au terme d’une campagne électorale sous forte tension qu’il a axée sur la lutte contre la corruption et la criminalité.
« Cette tragédie électorale nous oblige. Nous n’avons pas le choix, nous ne devons pas échouer. Sinon nous voyons ce qui nous attend. Progressistes de tous pays, unissons-nous ! », écrit le mouvement fondé par Emmanuel Macron.
Le #Bresil a désormais à sa tête un président fièrement homophobe, climatosceptique, sexiste, raciste.
Cette tragédie électorale nous oblige. Nous n'avons pas le choix, nous ne devons pas échouer. Sinon nous voyons ce qui nous attend.
Progressistes de tous pays, unissons-nous !
— Renaissance (@Renaissance) October 29, 2018
« Le Brésil est tombé dans la tragédie », renchérit sur la même plateforme son délégué général par intérim, Philippe Grangeon.
Plus tôt, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne avait appelé à un « extrême courage » et à une Europe forte au lendemain de l’élection du candidat d’extrême droite.
« La candidature de M. Bolsonaro a fructifié sur la faillite de quatre mandats du Parti des travailleurs, des cas de corruption, d’affaires, de scandales d’État », a déclaré Jean-Baptiste Lemoyne sur France 2.
« Il y a un retour d’autorité, de puissance. C’est pourquoi nous, les Européens, nous devons absolument être une Europe puissante face à la Russie, à la Chine, à un certain nombre de puissances qui se cristallisent autour d’un homme », a-t-il poursuivi.
« Carbofascisme »
L’ex-candidat socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon, a déploré quant à lui sur RFI que « l’ombre du fascisme s’étend dans le monde » et fait état de points commun entre Donald Trump et Jair Bolsonaro : « Ils pensent que le réchauffement climatique n’existe pas. Ils font montre d’un carbofascisme, une politique à la fois très dure sur le plan démocratique et climatosceptique. »
La droite, elle, cherche des explications à l’élection de Jair Bolsonaro et l’extrême droite s’en félicite.
Le maire de Meaux, Jean-François Copé, a expliqué l’issue du scrutin par les enjeux sécuritaires. « Le résultat de l’élection, il a une clé d’explication, c’est la violence inouïe qu’il y a au Brésil et que les Brésiliens ne supportent plus », a-t-il dit sur Europe 1.
Même ton analytique pour le député LR de l’Oise, Eric Woerth, président de la commission des Finances de l’Assemblée.
« Il a été élu sur le fond d’un pays qui ne fonctionne plus, dans lequel la violence est absolument considérable », a-t-il dit sur BFM TV. « Le choix, dans un pays aussi déboussolé, il a été vite fait par les Brésiliens. »
La présidente du Rassemblement national (ex-Front national), Marine Le Pen, a salué pour sa part l’élection du candidat du Parti social-libéral. « Bonne chance au nouveau Président Bolsonaro qui devra redresser la situation économique, sécuritaire et démocratique très compromise du Brésil », a-t-elle écrit sur son compte Twitter.
Environnement
Jair Bolsonaro a le soutien du puissant lobby de l’agrobusiness au parlement. Son programme n’évoque ni la déforestation ni le réchauffement de la planète. Il ne parle pas non plus d’un éventuel retrait de l’accord de Paris sur le climat, auquel il aurait fait allusion lors de certaines déclarations.
Il a prévu de regrouper les ministères de l’Agriculture et de l’Environnement, même s’il s’est dit récemment « ouvert à des négociations » sur ce point, un des plus controversés de son programme, qui placerait les organes de contrôle d’abus contre l’environnement sous la tutelle d’un ministère contrôlé par l’agrobusiness.
Jair Bolsonaro a affirmé qu’il ne cèderait « pas un centimètre de plus » pour la délimitation de territoires réservés aux tribus indiennes.