Brexit : les négociations entre le Royaume-Uni et l’Irlande du Nord au point mort
Alors que l’UE et le Royaume-Uni se disent prêts à revoir le Protocole sur l’Irlande du Nord, les négociations entre les Britanniques et le parti majoritaire à l’Assemblée d’Irlande du Nord, le Sinn Fein, menacent d’échouer.
Alors que l’Union européenne et le Royaume-Uni se disent prêts à revoir le Protocole sur l’Irlande du Nord, les négociations entre les Britanniques et le parti majoritaire à l’Assemblée (Stormont) d’Irlande du Nord, le Sinn Fein, en faveur d’une réunification de l’île, menacent d’échouer.
Le Sinn Fein a en effet boycotté la dernière réunion organisée par le ministre britannique des Affaires étrangères, James Cleverly, de pair avec Parti social-démocrate et travailliste (Social Democratic and Labour Party, SDLP).
M. Cleverly était à Belfast mercredi (11 janvier) pour informer les chefs de parti des récents progrès réalisés dans les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. En ligne de mire : une révision du Protocole sur l’Irlande du Nord.
Mais Michelle O’Neill, représentante du Sinn Fein en Irlande du Nord et Première ministre depuis les élections de mai dernier à l’Assemblée d’Irlande du Nord, a refusé de participer à la réunion, à moins que la dirigeante du parti, Mary Lou McDonald, venue de Dublin pour l’occasion, ne soit également autorisée à y assister.
La réunion à Belfast s’est déroulée en présence des pro-britanniques du Parti unioniste démocratique (Democratic Unionist Party, DUP) et du Parti unioniste d’Ulster (Ulster Unionist Party, UUP), ainsi qu’avec les intercommunautaires du Parti de l’Alliance (Alliance Party of Northern Ireland, APNI), mais en l’absence des deux partis en faveur d’une Irlande unie.
Mme McDonald, qui dirige l’opposition au parlement d’Irlande à Dublin mais n’occupe aucun rôle ministériel, a accusé le gouvernement britannique de « mauvaise foi et de pétulance ».
Le secrétaire d’État britannique à l’Irlande du Nord, Chris Heaton Harris, a déclaré qu’au cours de ses discussions avec les dirigeants politiques d’Irlande du Nord, il a « souligné que si un accord sur le protocole est important », il reste toutefois d’avis que « des institutions décentralisées doivent être rétablies dès que possible ».
L’Irlande du Nord est dans une impasse politique depuis mars 2022, lorsque le DUP, qui soutient le maintien de l’Irlande du Nord dans le Royaume-Uni, a quitté le gouvernement de coalition à Belfast. Il refuse depuis lors de former un gouvernement avec le Sinn Fein, qui a remporté les élections législatives de mai, tant que ses exigences concernant le protocole sur l’Irlande du Nord ne seront pas satisfaites.
Selon l’accord du Vendredi saint, signé en 1998 et mettant fin aux trente années de Troubles, les deux plus grands partis représentant les communautés nationale et unioniste doivent faire partie du gouvernement.
La semaine dernière, le nouveau Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a déclaré que les termes du protocole étaient « trop stricts » et qu’ils avaient « fonctionné sans être pleinement appliqués », ce qui a ravivé l’espoir que la Commission européenne assouplisse légèrement sa position de négociation.
En début de semaine, l’UE et le Royaume-Uni se sont mis d’accord sur l’accès à une nouvelle base de données fournissant des informations en temps réel sur les marchandises circulant de la Grande-Bretagne à l’Irlande du Nord.
D’autres entretiens entre M. Cleverly et le vice-président de la Commission européenne Maroš Šefčovič, doivent avoir lieu lundi prochain (16 janvier). Les autorités britanniques et de l’UE espéraient être sur le point de parvenir à un accord avant que les ministres britanniques n’annoncent la date des nouvelles élections de l’Assemblée de Belfast qui auront lieu en raison de l’échec de la formation d’un gouvernement décentralisé.
Le Royaume-Uni tient également à ce que les élections de l’assemblée et l’accord sur le protocole soient terminés avant avril, date à laquelle le président américain Joe Biden devrait effectuer sa première visite officielle au Royaume-Uni pour marquer le 25e anniversaire de l’accord du Vendredi saint.
[Édité par Anne-Sophie Gayet et Théo Bourgery-Gonse]