Bruno Gollsnich privé de son immunité de député européen
Le parlementaire, membre du Front national, fait l’objet d’une poursuite, en France, pour des propos anti-islam.
Le parlementaire, membre du Front national, fait l’objet d’une poursuite, en France, pour des propos anti-islam.
Pour la deuxième fois en moins de 10 ans, le député européen Bruno Gollnisch (Non-inscrit/Front national) s’est vu retirer son immunité parlementaire. Mardi 10 mai, l’assemblée de Strasbourg a approuvé à une écrasante majorité la demande formulée par la France de lui enlever ce privilège qui empêche toute poursuite judiciaire contre les parlementaires dans l’exercice de leur fonction.
« Un Parlement troupeau »
Le député est poursuivi par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) pour incitation à la haine raciale.
En 2008, un communiqué de presse du groupe Front national au Conseil régional de Rhône-Alpes, présidé par Bruno Gollnisch, s’insurgeait contre « l’invasion de notre patrie et la destruction de notre culture et de nos valeurs » par l’islam. Le texte évoquait également le « pouvoir » de cette religion dans « nos banlieues, et bientôt notre pays entier ».
Le député n’a pas été autorisé à s’exprimer pour se défendre lors de cette session du Parlement européen, conformément au règlement intérieur de l’hémicycle.
Interrogé par EURACTIV.fr, Bruno Gollnisch fustige la décision d’un “Parlement qui n’est qu’un troupeau, et n’admet pas la contradiction”. “Les minables n’ont pas osé dire : on lève l’immunité de Gollnisch parce que c’est Gollnisch”, ajoute-t-il.
Selon le Parlement européen, “l’affaire n’entre pas dans le champ des activités politiques de Bruno Gollnisch en sa qualité de député au Parlement européen, mais concerne ses activités sur le plan purement régional et local”.
Nouvelle poursuite contre le Parlement
La même justification avait été utilisée en 2005 lors de la première levée d’immunité du responsable du FN par le Parlement européen. Il était alors poursuivi pour contestation de crimes contre l’humanité pour des propos tenus lors d’une conférence de presse à Lyon.
Il avait été condamné en janvier 2007 à trois mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende. Mais cette décision avait été annulée par la Cour de cassation en juin 2009.
De son côté, la cour de justice de l’Union européenne avait déclaré en 2008 que la décision des eurodéputés avait violé le texte qui réglemente les immunités des députés et fonctionnaires européens.
Bruno Gollnisch a indiqué à EURACTIV.fr qu’il comptait poursuivre le Parlement européen, une nouvelle fois, devant la Cour de justice de l’UE.