Bruno Le Maire et Robert Habeck à Washington pour défendre les intérêts de l’UE

Les ministres français et allemand de l’Économie, Bruno Le Maire et Robert Habeck, se rendront tous deux à Washington lundi pour défendre les dernières mesures prises par la Commission européenne pour riposter à la loi américaine de subventions écologiques, Inflation Reduction Act.

/ EURACTIV Allemagne / Euractiv France
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Bruno Le Maire et Robert Habeck se rendront à Washington les 6 et 7 février, où ils doivent rencontrer la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, la représentante américaine au commerce, Katherine Tai, et la secrétaire au commerce, Gina Raimondo.

Les ministres français et allemand de l’Économie, Bruno Le Maire et Robert Habeck, se rendront tous deux à Washington lundi pour défendre les dernières mesures prises par la Commission européenne pour riposter à l’octroi controversé de subventions écologiques par les États-Unis via l’Inflation Reduction Act (IRA).

Bruno Le Maire et Robert Habeck se rendront à Washington les 6 et 7 février, où ils doivent rencontrer la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, la représentante américaine au commerce, Katherine Tai, et la secrétaire au commerce, Gina Raimondo.

« L’IRA offre des atouts de compétition qui, couplées à un prix de l’énergie très faible aux États-Unis, font courir des risques sur notre industrie », a déclaré M. Le Maire dans une interview à l’AFP samedi (4 février).

L’IRA est un programme de subventions et d’allégements fiscaux de 370 milliards de dollars mis en place par l’administration Biden à la fin de l’année dernière, visant à financer la transition écologique. Une partie du programme de subventions exige que les produits soient assemblés aux États-Unis, ce qui désavantage les entreprises européennes et les incite à délocaliser ou à investir en priorité aux États-Unis.

Il devrait y avoir une « transparence sur le montant des subventions et des crédits d’impôts qui seront accordés […] cela vous permet de garantir des conditions de concurrence équitable », a déclaré M. Le Maire à l’AFP.

Il a également insisté sur le fait que les deux parties devraient adopter une « approche coopérative » sur les investissements stratégiques, tels que les semi-conducteurs — soutenant sans réserve le dernier cycle d’assouplissement des aides d’État de la Commission européenne.

M. Habeck s’est lui aussi prononcé en faveur d’allégements fiscaux pour les investissements considérés comme « verts », en réponse au programme de subventions américain, estimant que l’Europe « doit rester, ou redevenir, compétitive ». Les deux ministres « expliqueront la position européenne sur l’IRA » au cours de leur voyage, a déclaré un porte-parole du ministère.

Avant le voyage, M. Habeck s’est montré optimiste quant à la possibilité d’éviter une guerre commerciale entre l’UE et les États-Unis. « En théorie, nous devrions être en mesure de construire un pont vert de part et d’autre de l’Atlantique, notamment en matière de politique industrielle », a-t-il déclaré aux journalistes lors d’un voyage en Suède à la fin de la semaine dernière.

La Commission européenne prête à riposter

Cette visite intervient alors que la Commission européenne intensifie sa réponse pour contrer les effets les plus pervers de l’IRA.

Mercredi (1er février), la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté le Plan industriel du Pacte vert, qui vise à « se concentrer sur les technologies clés pour le passage à zéro émission nette », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

Le subventionnement des entreprises européennes à un niveau supérieur à ce que les règles du traité autorisent déjà, et pendant plus longtemps, est au cœur de la stratégie de la Commission. Celle-ci est inscrite dans le principe des « subventions équivalentes », dont le fonctionnement a été précisé dans une communication de la Commission, divulguée à EURACTIV vendredi.

Dans le cadre de ce système, les États membres peuvent égaler le montant de l’aide qu’une entreprise européenne se verrait offrir par un pays tiers, comme les États-Unis — encourageant ainsi l’industrie à rester sur le Vieux Continent. Ceci était au cœur d’un document de position franco-allemand sur la politique industrielle écologique dans l’UE, publié en décembre.

Dans ce contexte, le voyage conjoint franco-allemand à Washington témoigne d’un dégel des liens diplomatiques entre les deux pays, après des mois de relations tendues. En effet, les administrations du président français Emmanuel Macron et du chancelier allemand Olaf Scholz étaient en désaccord sur beaucoup de sujets tels que les prix de l’énergie, le nucléaire et la défense européenne.

Le voyage en solo de M. Scholz en Chine début novembre avait rendu furieux ses homologues français et européens. « Il est très important que le comportement des États membres à l’égard de la Chine […] change d’une manière plus coordonnée qu’individuelle, comme la Chine le souhaite manifestement », avait déclaré à l’époque Thierry Breton, commissaire européen à l’Industrie.

Malgré l’harmonie affichée par Paris et Berlin sur la question, ces discussions ne seront pas nécessairement faciles : les États plus petits et financièrement moins importants sont moins convaincus que MM. Habeck et Le Maire d’assouplir les règles relatives aux aides d’État, craignant que des poids lourds comme l’Allemagne ne surenchérissent.

Une réunion informelle des ministres chargés de la Compétitivité doit se tenir à Stockholm mardi (7 février), au cours de laquelle le plan industriel sera discuté. Une réunion du Conseil européen avec les chefs d’État est prévue les 9 et 10 février.