Bruxelles rend hommage à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier
Pour la journée internationale de la liberté de la presse, la Commission a mis l’accent sur le sort des deux journalistes. En France, Alain Juppé est très prudent.
Pour la journée internationale de la liberté de la presse, la Commission a mis l’accent sur le sort des deux journalistes. En France, Alain Juppé est très prudent.
Au lendemain de la mort du chef d’Al-Qaida, Oussama Ben Laden, la question de l’avenir des deux journalistes français Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, retenus en Afghanistan depuis près de 500 jours, se pose avec toujours plus d’acuité.
Mardi 3 mai, jour de la liberté de la presse, le ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, a déclaré aux médias n’avoir « aucune information permettant de penser que ce qui s’est passé hier a bloqué le processus de discussion qui est en cours, mais qui est difficile ».
« Nous avons pensé être très près du but au début de cette année, malheureusement les choses se sont compliquées, nous avons repris nos démarches, nos discussions, en gardant confiance dans la possibilité de les faire aboutir favorablement, je ne donnerai pas de délai ni de date, vous connaissez là-dessus ma prudence », a-t-il encore ajouté.
De leur côté, les institutions européennes ont mis les deux journalistes de France 3 exceptionnellement à l’honneur lors de leur point presse quotidien. La photo d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier avec le slogan « Libérez les journalistes » a été projeté en grand écran dans la salle de briefing de la Commission.
Incertitudes sur le sort des journalistes
« La liberté de la presse est un combat pour lequel certains journalistes perdent leurs propres libertés », a déclaré une porte-parole de l’exécutif européen, rappelant le sort des journalistes français.
« La commission souhaite profiter de cette journée mondiale pour la liberté de la presse, pour appeler solennellement à la libération de ces journalistes. Nous souhaitons qu’ils puissent rentrer auprès de leurs proches aussitôt que possible », a ajouté la porte parole.
Dans une déclaration, le président Barroso a également rappelé que la liberté d’expression était « l’un des piliers fondamentaux de nos démocraties et de l’Union Européenne ». « Les médias jouent un rôle crucial en garantissant aux citoyens l’accès aux idées aux informations », a-t-il expliqué.
Interrogé sur RTL, le 2 mai, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, avait jugé que le décès de Ben Laden, suite à l’opération militaire américaine au Pakistan, pouvait jouer « positivement » sur la libération des deux otages.
Le soir même, sur France 2, le chef du gouvernement, François Fillon, s’était montré plus prudent, indiquant que les journalistes étaient aux mains d’un « mouvement taliban qui ne se revendique pas d’Al-Qaïda ». Selon lui, personne aujourd’hui ne peut dire quelles seront les conséquences de la mort d’Oussama Ben Laden sur le sort des otages.