Céréales ukrainiennes : la Pologne n’ouvrira pas ses frontières, quelle que soit la décision de l’UE

La Pologne ne laissera pas les importations de céréales ukrainiennes reprendre, que Bruxelles décide ou non de prolonger les restrictions, a annoncé mardi (12 septembre) le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki sur les réseaux sociaux.

EURACTIV Pologne
Wheat,Grains,,Corn,And,Sunflower,Seeds,On,The,Yellow,And
Les restrictions à l’importation par l’UE de certains produits agricoles ukrainiens — blé, maïs, colza et graines de tournesol — sont actuellement en place jusqu’au 15 septembre, mais même si cette date approche, on ne sait toujours pas si et comment les restrictions seront prolongées. [[Shutterstock/Michele Ursi]]

La Pologne ne laissera pas les importations de céréales ukrainiennes reprendre, que Bruxelles décide ou non de prolonger les restrictions, a annoncé mardi (12 septembre) le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki sur les réseaux sociaux.

Les restrictions à l’importation par l’UE de certains produits agricoles ukrainiens — blé, maïs, colza et graines de tournesol — sont actuellement en place jusqu’au 15 septembre, mais même si cette date approche, on ne sait toujours pas si et comment les restrictions seront prolongées.

Les pays de l’UE limitrophes de l’Ukraine affirment que l’afflux de céréales bon marché a pour effet d’évincer leurs agriculteurs du marché. De l’autre côté, les exportations agricoles constituent la principale source de revenus de l’Ukraine, déchirée par la guerre, et sont essentielles au financement de sa défense contre l’invasion russe.

« La Pologne ne laissera pas les céréales ukrainiennes la submerger. Quelle que soit la décision des fonctionnaires de Bruxelles, nous n’ouvrirons pas nos frontières », a écrit M. Morawiecki mardi sur X.

Son message était accompagné d’un court spot vidéo dans lequel il rappelait que la Pologne aidait les réfugiés ukrainiens depuis les premiers jours de l’invasion russe. « Lorsqu’il a fallu aider nos voisins, nous avons ouvert nos cœurs et nos maisons. Tels sont les Polonais », a-t-il déclaré.

Lors de la réunion de mardi, le gouvernement a décidé que si l’UE ne prolongeait pas l’embargo partiel sur les produits agroalimentaires ukrainiens, la Pologne réintroduirait les mesures unilatérales de protection du marché alimentaire polonais qu’elle avait imposé pour la première fois en avril, a annoncé M. Morawiecki plus tard dans la journée.

L’annonce de M. Morawiecki intervient alors que son parti conservateur au pouvoir, Droit et Justice (PiS), est en passe de remporter un troisième mandat consécutif lors des élections prévues pour le 15 octobre. Selon le dernier sondage réalisé par l’institut Ipsos pour OKO.press et TOK FM, les intentions de vote à son profit avoisinent les 35 %.

Le PiS est en concurrence avec la Coalition civique (KO), dirigée par l’ancien président du Conseil européen Donald Tusk, qui s’est récemment allié au mouvement agricole AgroUnia, devenu parti, pour obtenir les voix des agriculteurs et des autres habitants des zones rurales.

L’opposition de la Pologne à la reprise des importations de produits ukrainiens a eu des répercussions sur les relations entre Varsovie et Kiev. Selon les médias, le gouvernement ukrainien a interdit aux législateurs du pays de se rendre en Pologne, à de rares exceptions près, jusqu’au 15 septembre.

Entre-temps, Michał Kołodziejczak, le dirigeant d’AgroUnia, s’est rendu à Strasbourg mardi (12 septembre) pour s’entretenir avec la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, des graves conséquences des importations de céréales ukrainiennes sur la production locale polonaise.

M. Kołodziejczak, dont l’adhésion à la Coalition civique a été l’un des principaux thèmes du débat public ces dernières semaines, pourrait également rencontrer la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, comme l’a révélé la radio RMF FM.

Le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, estime que l’interdiction d’importation de certains produits agricoles en provenance d’Ukraine devrait être prolongée et que l’Ukraine devrait être aidée à diversifier son transit agroalimentaire, selon l’agence de presse polonaise (PAP).