Climat : les compagnies aériennes étrangères ne boycottent pas l’UE
Les 32 pays réunis à Moscou pour organiser la riposte aux nouvelles obligations de lutte contre le changement climatique décidées par l’UE n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur des mesures collectives.
Les 32 pays réunis à Moscou pour organiser la riposte aux nouvelles obligations de lutte contre le changement climatique décidées par l’UE n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur des mesures collectives.
Un petit flop. C’est ce à quoi a abouti la réunion à Moscou, les 21 et 22 février, de 32 États venus organiser la riposte vis-à-vis de l’UE sur les obligations climatiques des compagnies aériennes.
15% de quotas payants
Le système d’échange de quotas d’émission de CO2 de l’UE (ETS), qui s’applique à plus de 10 000 usines et centrales électriques, a été étendu à l’aviation le 1er janvier 2012. Les émissions de la plupart des autres secteurs ont chuté mais celles générées par les compagnies aériennes ont doublé depuis 1990 et pourraient tripler d’ici 2020, selon des chiffres de la Commission européenne.
C’est pourquoi l’UE a décidé de faire payer aux compagnies aériennes 15% du carbone qu’elles émettent. Les entreprises développant des vols court-courriers devraient payer 30 centimes supplémentaires par vol aux consommateurs pour compenser les frais liés à l’ETS, mais les longs courriers pourraient quant à eux, selon l’UE, devoir faire payer entre 2 et 12 euros supplémentaires aux utilisateurs.
Un rapport financé par le gouvernement américain prévoit par ailleurs que les compagnies aériennes devraient pouvoir encaisser 2 milliards d’euros de bénéfices grâce à l’ETS.
Pas de guerre commerciale
Pour lutter contre le diktat imposé, selon elles, par l’UE, 32 pays dont la Chine, les États-Unis et la Russie, entre autres, voulaient réunir leurs forces faire plier l’Union et allaient jusqu’à parler de guerre commerciale.
Un projet de déclaration de la réunion de Moscou prévoyait que les États signataires pourraient interdire à leurs compagnies aériennes de rejoindre le système d’échange de quotas d’émission de l’UE. Le texte indiquait également que des accords douaniers dans d’autres secteurs pourraient être soumis à nouveau à la négociation ou gelés « pour faire pression sur les industries européennes ».
Mais toute notion de contrainte a disparu de la déclaration finale. Les pays se bornent à « envisager » de prendre des mesures pour empêcher leurs compagnies aériennes de se conformer au système d’échange de quotas européens.
Aucune action collective n’a été actée, chacun des États pourra piocher dans une série de mesure.
On est également bien loin de la guerre commerciale dont la Russie pouvait, par exemple, menacer l’UE avant la rencontre. D’autant plus que seuls 23 des 32 États présents ont signé la déclaration finale.
Trop différents
Aucune décision collective pour « contourner l’Europe » n’a été prise, comme le responsable des affaires environnementales d’Airbus Paul Nash l’avait envisagé avant la rencontre.
« Tous ces pays sont trop différents pour réussir à se mettre d’accord », analyse une source proche du dossier.
« Malheureusement, les participants de la réunion de Moscou n’ont pas répondu à notre question : quelle est votre alternative concrète et constructive? » a interrogé la commissaire au Climat Connie Hedegaard sur son compte twitter le 22 février.
Amendes
L’Union européenne espère que la question pourra être réglée au plan mondial. « Personne ne s’est battu autant que l’UE pour trouver une solution à l’échelle mondiale et nous tentons toujours d’aboutir à un accord », déclarait récemment à EURACTIV Bruxelles un fonctionnaire européen. Sans quoi l’UE agira seule, avait-t-il ajouté.
En attendant, toutes les compagnies aériennes internationales doivent se conformer aux réglementations de lutte contre le changement climatique de l’UE, sous peine d’amende. Le premier bilan aura lieu en 2013.