CO2 : les entreprises françaises bien classées

Une ONG britannique liste les émissions de carbone de 300 entreprises européennes. La France obtient un bon classement même si l’étude souligne un manque de transparence.

EURACTIV.fr

Une ONG britannique liste les émissions de carbone de 300 entreprises européennes. La France obtient un bon classement même si l’étude souligne un manque de transparence.

Un bilan carbone positif. Le 22 avril, l’ONG britannique Environmental investment organisation  a rendu public sur son site internet le classement des 300 entreprises européennes les plus polluantes. Depuis le 16 février, l’organisation a fait un travail de veille sur les publications chiffrées des sociétés européennes les plus importantes.  

«Il s’agissait de recenser les informations sur les taux d’émissions auxquelles le public a directement accès», peut-on lire dans les premières pages du rapport.

Le document croise plusieurs critères et propose non seulement un classement sur la base de l’impact carbone des entreprises, mais pointe aussi le manque de transparence dans ce domaine.

Cercle vertueux

Les entreprises françaises arrivent en bonne place. GDF Suez et Total, se placent respectivement aux 99 et 97ème places parmi les 100 structures les moins polluantes.

En valorisant les bons élèves, l’ONG compte sur la pression que s’imposeront les entreprises moins bien classées pour rattraper leur retard, et donc changer leurs pratiques. Car une bonne place renforce la confiance des investisseurs  : sur le marché du carbone européen, cela signifie que l’entreprise est en position de force, donc qu’elle devra acheter moins de quotas d’émission.

«A terme, nous souhaitons contribuer à la mise en place d’un mécanisme de marché qui fasse un lien direct entre la valeur boursière d’une entreprise à ses émissions de CO2», déclare Sam Gill, le directeur de l’ONG, dans une interview accordée au quotidien la Tribune, dans son édition du 28 avril.

«Un cercle vertueux qui pourrait souder le monde de l’entreprise et celui de l’environnement », commente l’économiste Nicolas Bertrand, également membre du Secrétariat sur la Convention biologique de Montréal.

Transparence

Le bilan français en terme de transparence est moins positif. La société d’assurance Aviva, stagne en bas du tableau. Des lacunes que l’ONG explique par le manque de législation nationale dans l’Union européenne.

« A part les sites industriels qui sont soumis aux quotas de CO2 dans le cadre du marché européen, aucun État membre n’a mis en place de loi contraignante » sur la transparence des émissions de CO2 des entreprises, souligne Sam Gill.

Seules les entreprises responsables des six secteurs intensifs en gaz à effet de serre (production d’énergie, ciment, verre, papier, métaux ferreux, industrie minérale et pâte à papier) sont soumises au marché d’échanges de quotas et n’échappent donc pas à la transparence.

Pour le reste, seule la directive de modernisation comptable (2003) impose la publication d’informations sur les impacts sociaux et environnementaux, mais  «elle permet uniquement d’éclairer les actionnaires et non les citoyens», peut-on lire dans le dernier communiqué de presse du Forum citoyen pour la Responsabilité sociale des entreprises (RSE), de septembre 2010.

En France, la loi Grenelle 2, promulguée le 12 juillet 2010, demande aux entreprises et aux collectivités territoriales de procéder, tous les trois ans, à un bilan carbone de leur activité.   

Les décrets d’application, en cours de rédaction, devraient être achevés pour le 31 décembre 2012.