Comment les électeurs de Donald Trump voient-ils l’Europe  ?

Les citoyens américains se rendent aux urnes ce mardi 5 novembre et les accusations de fraudes lancées par Donald Trump font déjà craindre des violences. Dans le bastion républicain de Floride, Euractiv a cherché à comprendre comment les électeurs de l'ancien président voyaient l'Europe.

EURACTIV.com
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À la veille du vote, les sondages montrent que le résultat est trop serré pour être d’ores et déjà connu, en particulier dans chacun des sept États où le républicain Donald Trump et la démocrate Kamala Harris sont au coude-à-coude. [Sarantis Michalopoulos, Florida]

Les citoyens américains se rendent aux urnes ce mardi 5 novembre et les accusations de fraudes lancées par Donald Trump font déjà craindre des violences. Dans le bastion républicain de Floride, Euractiv a cherché à comprendre comment les électeurs de l’ancien président voyaient l’Europe. 

Alors que l’issue de la présidentielle américaine est plus que jamais indécise, Euractiv a posé ses valises dans la région de Palm Beach, dans l’« État rouge » de Floride, où les Républicains se réuniront lors de la soirée électorale, et où les autorités locales ont déjà pris des mesures de sécurité exceptionnelles.

Les journalistes internationaux ont ainsi été invités à faire preuve de prudence dans les heures qui suivront les votes.

Et si les questions européennes n’ont pas occupé le devant de la scène lors des débats des derniers mois aux États-Unis, le résultat de la présidentielle américaine aura un impact prépondérant sur l’avenir du Vieux Continent. Mais comment les électeurs de Donald Trump voient-ils l’Europe ?

Des ouvriers placent des barrières autour de la salle où se déroulera la soirée électorale de Donald Trump à Palm Beach, en Floride. [Photo de Sarantis Michalopoulos]

La sempiternelle question du financement de la défense

Le premier thème évoqué par les partisans du candidat républicain est le montant — ou l’insuffisance — des dépenses de l’Europe en matière de défense. Le sujet est régulièrement abordé par Donald Trump, qui s’était plaint du manque d’investissements des États européens en 2018, lors d’un sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), ou plus récemment en février 2024, lors d’un meeting en Caroline du Sud.

Dans le comté de Palm Beach, John O’Donnell, un vétéran de 92 ans, soutient la position de son champion, estimant que les membres de l’Otan ont l’obligation de consacrer 2 % de son PIB à la défense.

« S’ils ne dépensent pas leur argent, pourquoi devrions-nous continuer à subventionner leur défense […], cela n’a pas de sens. Contribuez, et vous êtes dans le coup . Si vous ne le faites pas, alors sortez », explique-t-il.

Selon John O’Donnell, les Européens devraient réaliser que Donald Trump est un homme respecté par de nombreux dirigeants mondiaux. « Pendant les quatre années où [Donald] Trump a été au pouvoir, nous n’avons pas eu de guerres, pas de conflits. Je ne dis pas qu’il a toutes les réponses, mais les gens le respectent, en particulier des pays comme la Chine, la Russie et les dictatures de ce genre », continue-t-il.

Pour le vétéran, Vladimir Poutine a des plans pour l’Europe et pour les voisins de la Russie. « La plupart des Européens comprennent ce qui se passe et je suis sûr qu’ils ne veulent pas que la Russie prenne le contrôle de l’Ukraine », estime-t-il.

Les militants de Donald Trump devant les bureaux de vote à Palm Beach racontent qu’ils ont des « amis » en Europe. [Photo de Sarantis Michalopoulos]

Immigration et « amis » européens

L’immigration occupe aussi une place centrale dans les débats aux États-Unis, Donald Trump s’étant engagé à expulser un million de migrants clandestins, à leur interdire de souscrire à des prêts hypothécaires, et à construire un mur à la frontière méridionale du pays.

Et selon les partisans du candidat républicain dans le comté de Palm Beach, l’immigration est aussi destructrice sur les deux continents. « L’épidémie de l’immigration clandestine détruit l’Europe comme l’Amérique », clame par exemple Linda Stoch, une bénévole républicaine de Floride.

Cette dernière a entendu parler du dirigeant néerlandais d’extrême droite Geert Wilders, qui explique avoir mis en garde contre le problème de l’immigration clandestine en Europe lors d’une visite aux États-Unis il y a dix ans.

Linda Stoch évoque également la Première ministre italienne Giorgia Meloni — perçue comme une amie de Donald Trump — et Viktor Orbán, « qui a un mur en Hongrie […], ce que Donald Trump veut faire aussi ».

Clivages au sein de la société

La plupart des habitants de Floride évitent d’évoquer publiquement leurs préférences politiques, à l’exception des militants convaincus.

Diana Wise, une bénévole républicaine, reconnaît que la société américaine est polarisée et considère qu’il y a une « bonne raison à cela ». Elle estime que ce clivage se poursuivra après les élections et en attribue la responsabilité aux médias américains.

« Les médias continuent de soutenir les démocrates sans se soucier de l’autre moitié du pays », estime-t-elle, soulignant que Joe Biden les a récemment qualifiés de « déchets ».

Pour Louis Mazzulo, officier de police de New York à la retraite, les divisions au sein de la société américaine sont alimentées par le phénomène « woke » et il estime que les Européens seront bientôt confrontés au même problème.

« La société “woke” est en train de détruire l’Amérique […]. Cette absurdité doit cesser et doit cesser immédiatement. »

[Édité par Anna Martino et Laurent Geslin]