Corans brûlés : la Suède renforce son arsenal antiterroriste

La Suède souhaite renforcer la coopération entre ses divers services policiers et civils afin de prévenir la radicalisation et la progression du terrorisme violent. Les annonces viennent en réponse à la détérioration de la sécurité dans le pays depuis que plusieurs Corans ont été brûlés.

Euractiv.com
Suède
Le gouvernement a chargé le Centre de lutte contre l’extrémisme violent et le Conseil national suédois de prévention du crime de renforcer la coopération entre les autorités suédoises afin de prévenir la radicalisation et la propagation du terrorisme violent en réponse à l’augmentation des risques liés à la sécurité. [[EPA-EFE/Henrik Montgomery SWEDEN OUT]]

La Suède souhaite renforcer la coopération entre ses divers services policiers et civils afin de prévenir la radicalisation et la progression du terrorisme violent. Les annonces viennent en réponse à la détérioration de la sécurité dans le pays depuis que plusieurs Corans ont été brûlés, a déclaré le ministre de la Justice, Gunnar Strömmer, lors d’une conférence de presse ce lundi (28 août).

Le gouvernement a chargé le Centre de lutte contre l’extrémisme violent et le Conseil national suédois de prévention du crime de renforcer la coopération entre les autorités suédoises afin de prévenir la radicalisation et la propagation du terrorisme violent en réponse à l’augmentation des risques liés à la sécurité.

« La police de sécurité suédoise estime que la menace ne diminuera pas à court terme, mais qu’il faut plutôt s’attendre à ce qu’elle se poursuive pendant une période plus longue », a déclaré M. Strömmer.

Outre le renforcement de la coopération entre les différentes autorités, la mission vise également à intensifier le dialogue entre les autorités et les différents acteurs de la société civile, tels que les communautés religieuses.

La Suède est en état d’alerte renforcée depuis l’été dernier, lorsque plusieurs corans brûlés ont suscité la colère du monde musulman. L’ambassade de Suède à Bagdad a déjà été attaquée à deux reprises et les relations entre Stockholm et Ankara se sont encore tendues alors que plusieurs exemplaires du Coran ont encore été brûlés ces dernières semaines, au point de menacer la candidature du pays à l’OTAN.

L’Organisation de la coopération islamique (OCI) a même appelé ses membres à prendre des mesures appropriées contre les pays où le Coran était profané.

Brûler ou profaner un livre sacré n’est pas illégal en Suède, dans la mesure où cette pratique relève de la liberté d’expression. Toutefois, elle a suscité un vif débat dans un pays où un citoyen sur dix est né à l’étranger, souvent dans un pays à majorité musulmane, selon l’Office suédois des statistiques.

La controverse a même gagné le Danemark, qui envisage actuellement de légiférer pour faire de toute manipulation inappropriée du Coran ou de la Bible un délit passible d’une amende et d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à deux ans.

Toutefois, le Premier ministre suédois de centre droit, Ulf Kristersson, a déclaré à plusieurs reprises que Stockholm ne prendrait pas les mêmes mesures que son voisin méridional, car il faudrait alors probablement modifier la Constitution.

Selon M. Strömmer, la révision de la loi sur l’ordre public du pays constitue la bonne décision, car le gouvernement pourrait modifier la loi afin d’interdire les rassemblements qui menacent la sécurité publique de la Suède.