Course à la chancellerie allemande : la tête de liste des Verts envisage un « transfert de souveraineté à Bruxelles »

Les Verts allemands ont confirmé Robert Habeck comme tête de liste pour la course à la chancellerie dimanche 17 novembre. L’actuel ministre de l’Économie a notamment promis de défendre « un transfert de souveraineté vers Bruxelles » dans le cadre d’un nouveau gouvernement.

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« Team Robert »: Habeck leads the Greens into the election campaign
Cette décision a été largement considérée comme acquise, puisqu’elle avait été annoncée avant l’annonce officielle du candidat. La principale candidate en 2021, l’actuelle ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock, occupera la deuxième place sur la liste du parti. [Michael Kappeler/picture alliance via Getty Images]

Les Verts allemands (Bündnis 90/Die Grünen) ont confirmé Robert Habeck comme candidat tête de liste pour la course à la chancellerie lors d’un congrès du parti à Wiesbaden dimanche 17 novembre. L’actuel ministre de l’Économie a notamment promis de défendre « un transfert de souveraineté vers Bruxelles » dans le cadre d’un nouveau gouvernement.

Quelque 96 % des délégués écologistes ont approuvé la candidature de Robert Habeck — seul candidat en lice — pour les législatives anticipées du 23 février.

L’actuelle ministre des Affaires étrangères Annalena Baerbock, tête de liste en 2021, occupera quant à elle la deuxième place sur la liste du parti.

Les Verts sont le seul partenaire restant dans le gouvernement minoritaire du chancelier Olaf Scholz du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) après la rupture de sa coalition tripartite avec le Parti démocrate libre (FDP).

Priorités politiques

Avant le vote, Robert Habeck a exposé ses priorités politiques, proposant aux Verts de renouveler leur mandat au gouvernement afin d’éviter une « impasse » dans le cadre d’une éventuelle coalition entre le SPD et les chrétiens-démocrates (CDU/CSU).

« Nous sommes chargés de veiller à ce que cela ne se produise pas, et cela signifie que les règles d’une époque révolue doivent être revues et modifiées pour une époque telle qu’elle est aujourd’hui », a-t-il déclaré, en faisant le lien avec le rôle essentiel de l’Allemagne au sein de l’Europe.

« Cela signifie également un transfert de souveraineté à Bruxelles », a-t-il précisé, évoquant notamment les questions de politique étrangère, de sécurité et de politique économique.

Par le passé, les Verts ont critiqué à plusieurs reprises Olaf Scholz pour son manque d’engagement au sein de l’Union européenne (UE).

Dimanche, les délégués du parti ont également voté en faveur d’une réforme — mais pas d’une abolition — du « frein à l’endettement », la limite stricte du déficit de l’Allemagne prévue dans la Constitution allemande.

Cette règle a suscité de nombreux débats au sein de la coalition d’Olaf Scholz, le SPD et les Verts estimant qu’elle limite les investissements nécessaires à tous les niveaux.

L’actuel ministre souhaite également donner une plus grande place à la politique climatique ainsi qu’à la lutte contre le populisme et l’extrême droite.

Les pro-européens reprennent les rennes

Au cours du week-end, les Verts ont désigné une équipe particulièrement pro-UE à la tête du parti.

Les actuels co-dirigeants du parti, Omid Nouripour et Ricarda Lange, seront remplacés par Franziska Brantner, ancienne députée européenne, et Felix Banaszak, qui a déjà dirigé le bureau de circonscription de Terry Reintke, députée européenne et co-présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement européen.

Pegah Edalation, ancienne vice-présidente des Verts et coordinatrice des relations européennes, deviendra coordinatrice du parti, tandis que l’ancien député européen Sven Giegold reprendra son ancien poste.

Franziska Brantner et Sven Giegold ont également été ministres adjoints au ministère de l’Économie de Robert Habeck, ce qui souligne le réalignement des Verts autour de leur tête de liste.

La campagne ne sera pas de tout repos, car les Verts sont actuellement crédités à seulement 10 % d’intentions de votes, en quatrième position derrière la CDU (30 %), l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) d’extrême droite et le SPD. Lors des dernières élections, en 2021, ils ont été en tête des sondages par intermittence.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]