Crise alimentaire en Afrique : l’UE débloque 25,5 millions d’euros supplémentaires
La Commission européenne va consacrer 25,5 millions d’euros supplémentaires afin de soutenir plusieurs pays africains en vue d’atténuer l’impact de la crise alimentaire sans précédent résultant de l’invasion russe en Ukraine.
La Commission européenne va consacrer 25,5 millions d’euros supplémentaires afin de soutenir plusieurs pays africains en vue d’atténuer l’impact de la crise alimentaire sans précédent résultant de l’invasion russe en Ukraine.
Les fonds débloqués, annoncés par l’exécutif européen jeudi (12 janvier), serviront notamment à renforcer les systèmes de protection sociale et des mesures clés concernant l’aide alimentaire, la nutrition, l’assainissement des eaux ou encore l’hygiène.
Flambée des prix des denrées alimentaires, des aliments pour animaux et des engrais, perturbations des échanges commerciaux… L’invasion russe en Ukraine a provoqué une onde de choc dans le secteur agroalimentaire mondial, frappant plus particulièrement les pays vulnérables, et notamment de nombreux pays africains confrontés à l’insécurité alimentaire.
La guerre en Ukraine a également compliqué les relations entre l’UE et l’Afrique, entraînant par exemple le report d’un sommet majeur entre l’UE et l’Union africaine (UA). Par ailleurs, au cours des prochains mois, les conséquences de la guerre devraient continuer à dominer les relations entre l’UE et l’Afrique.
Conflits, déplacements et famines
Les fonds débloqués seront également utilisés dans les zones de conflit du continent afin de venir en aide aux populations récemment déplacées et aux communautés qui les accueillent.
L’Algérie, le Cameroun et le Tchad pourraient ainsi recevoir 2 millions d’euros de ce nouveau fonds, tandis que 4 millions d’euros sont prévus pour la République centrafricaine et 5,5 millions d’euros pour l’Afrique australe et l’océan Indien.
Toutefois, c’est le Soudan qui devrait recevoir la majeure partie des fonds puisque 10 millions d’euros lui seront réservés. En effet, en novembre 2022, les Nations unies avaient averti que les communautés soudanaises risquaient tout simplement de mourir de faim si l’aide humanitaire n’était pas maintenue et si les mesures d’adaptation aux changements climatiques n’étaient pas renforcées.
Dans un communiqué, le commissaire européen chargé de la Gestion des crises, Janez Lenarčič, a déclaré que l’UE « continue de faire preuve de solidarité avec l’Afrique et poursuit ses efforts pour faire face à l’impact global de la guerre menée par la Russie en Ukraine, mais aussi aux conséquences des conflits et des déplacements localisés ».
« Dans plusieurs pays d’Afrique, des millions de personnes sont confrontées à l’insécurité alimentaire et sont au bord de la famine », a-t-il noté avant d’ajouter que, dans d’autres parties du continent, les effets de la crise alimentaire sont « aggravés par la détérioration de la situation sécuritaire et la montée de la violence, entraînant des déplacements internes et la perte des moyens de subsistance, par exemple au Soudan ».
Parallèlement, il a souligné que les événements climatiques extrêmes provoquent d’autres déplacements dans des pays comme le Cameroun.
« Le financement additionnel approuvé par l’UE aidera nos partenaires humanitaires à fournir de l’aide à ceux qui en ont le plus besoin sur tout le continent », a déclaré le commissaire.
Sécurité alimentaire mondiale
Selon un projet de plan d’action des priorités de l’UE pour 2023-2024 visant à renforcer la zone de libre-échange approfondi et complet (DCFTA), l’UE prévoit d’inclure l’Ukraine dans les prochaines discussions avec l’UA sur la sécurité alimentaire mondiale.
Le projet, qui a fait l’objet d’une fuite, indique que la Commission « étudiera les possibilités de mener des dialogues informels et de travailler ensemble, par exemple, pour répondre aux préoccupations en matière de sécurité alimentaire en Afrique ».
« Cela pourrait se faire, par exemple, en impliquant l’Ukraine dans les prochains dialogues entre l’UE et l’Union africaine sur la sécurité alimentaire mondiale ou en coordonnant les positions [sur la question] dans les organisations internationales », peut-on lire dans le document.