Crise de l’hôpital : Brigitte Bourguignon annonce des « premières mesures » à l’approche d’un « été difficile »

La ministre de la Santé s’est rendue mercredi au Congrès des urgences qui se déroule à Paris du 8 au 10 juin où elle a annoncé une première série de mesures pour tenter de limiter les dégâts dans les hôpitaux publics à l’approche de l’été.

Euractiv France
Minister Council at Elysee Palace
« L’été sera difficile » et il sera nécessaire de « trouver des solutions pour que les Français ne soient pas privés de soins », a déclaré Brigitte Bourguignon au Congrès des urgences à Paris le 8 juin 2022. [<a href="https://www.epa.eu/photographers/ian-spencer-langsdon" target="_blank" rel="noopener">IAN LANGSDON/EPA</a>]

La ministre de la Santé s’est rendue mercredi au Congrès des urgences qui se déroule à Paris du 8 au 10 juin où elle a annoncé une première série de mesures pour tenter de limiter les dégâts dans les hôpitaux publics à l’approche de l’été.

« L’été sera difficile » et il sera nécessaire de « trouver des solutions pour que les Français ne soient pas privés de soins », a déclaré Mme Bourguignon face aux soignants, avant de reconnaître un « risque de rupture d’accès aux soins réel ».

Parmi les mesures d’urgence du gouvernement : les heures supplémentaires vont être payées doubles, ce qui était le cas pendant la crise Covid et les élèves infirmiers et aides-soignants vont être « immédiatement » employables.

Plus de 120 services d’urgence ont dû fermer ou réduire leur capacité d’accueil au 20 mai, selon le syndicat SAMU-Urgences de France (SUdF). « Le gouvernement prend ses responsabilités face à la crise », a affirmé la ministre.

L’exécutif a par exemple « décidé de réactiver le doublement de la rémunération des heures supplémentaires du personnel non médical, et du temps de travail additionnel des médecins, pour l’ensemble de la période estivale ».

A cela s’ajoute un rôle renforcé des Agences régionales de santé (ARS) qui devront « remobiliser les dispositifs territoriaux de gestion de crise et d’animation du collectif public, privé et ambulatoire. »

Les soignants à la retraite qui seront « volontaires » pour reprendre du service pourront bénéficier de « facilités de cumul de leur pension de retraite et de leurs revenus d’activités ».

Enfin, Brigitte Bourguignon a précisé que ces « premières mesures seront bientôt complétées par les propositions de la mission Braun ».

Mission « damage control »

Le docteur François Braun faisait justement face aux sénateurs mardi (7 juin) lors d’une audition devant la Commission des affaires sociales.

Manque de lits, manque de soignants, permanence des soins… « Le système de santé est en grande difficulté. La crise des urgences n’est que la partie émergée de l’iceberg », a-t-il reconnu.

François Braun, également président du syndicat SUdF, a été nommé par Emmanuel Macron mardi dernier pour mener à bien une « mission flash » d’ici le 28 juin afin de tenter de sauver l’hôpital public, au bord de l’implosion à l’approche de la saison estivale.

Son audition au Sénat lui a permis de détailler un peu le but de cette mission, jugée « parfaitement inutile » par la sénatrice Laurence Cohen.

« Le retour sur le terrain est catastrophique », a alerté de son côté le sénateur Philippe Mouiller pour qui « il y a urgence sur les urgences ».

La mission flash est une mission de « damage control », a tenté d’expliquer François Braun aux sénateurs de la Commission. En médecine, l’expression est utilisée pour les blessés graves. En d’autres termes, la mission aura pour but de limiter les dégâts cet été, mais ne permettra pas de sauver l’hôpital public sur le long terme.

François Braun veut « arrêter l’hémorragie », en mettant en place des mesures à l’échelle des territoires car il n’existe pas de « solution unique ».

« Notre volonté est d’abord d’apporter une boite à outils avec un certain nombre de solutions glanées à droite à gauche pour passer juillet août septembre », a-t-il ajouté.

Car, a-t-il reconnu, « on ne fera pas revenir les soignants en trois mois », preuve que la crise de l’hôpital nécessite une refonte en profondeur du système.