David Cameron veut remodeler l'UE en un « réseau »

La Grande-Bretagne doit rester au sein de l'Union européenne mais utiliser l'actuelle crise de la zone euro comme une opportunité pour remodeler l'Union en un réseau, a expliqué le premier ministre britannique, David Cameron, hier (14 novembre).

EURACTIV.com
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La Grande-Bretagne doit rester au sein de l'Union européenne mais utiliser l'actuelle crise de la zone euro comme une opportunité pour remodeler l'Union en un réseau, a expliqué le premier ministre britannique, David Cameron, hier (14 novembre).

M. Cameron a déclaré que la Grande-Bretagne n'était pas un « observateur détaché » des évènements qui ont cours dans l'UE, alors que la situation est en perpétuelle évolution et que les craintes quant à l'avenir économique de l'Europe s'intensifient.

Bien qu'il se soit qualifié d'eurosceptique, il a affirmé que la Grande-Bretagne resterait dans l'UE et que son pays avait tout intérêt à ce que la crise de la zone euro prenne fin.

Historiquement, l'UE est le fer de lance de la démocratie et de la prospérité, a affirmé M. Cameron lors du banquet du Lord Maire à Londres. Elle s'est toutefois éloignée de ses citoyens, avec des « règles inutiles et des régulations qui entravent la croissance au lieu de la stimuler », a-t-il argué.

« Ce ne devrait pas être le cas. La crise peut représenter une opportunité pour l'Union européenne, à la condition que ses Etats membres soient prêts à la saisir », a-t-il ajouté. « Nous avons le droit de nous demander ce que l'Union européenne devrait ou ne devrait pas faire… et agir en conséquence. »

Il a décrit quelle serait l'Union idéale selon lui :

« Une Union ouverte sur l'extérieur, sur le monde et non tournée sur elle-même.

Une Union qui ait la flexibilité d'un réseau et non la rigidité d'un bloc, avec des institutions qui contribuent au développement d'un monde plein de vie en connectant ses membres et en les renforçant, plutôt qu'en freinant leur progression.

Une Union qui comprenne et embrasse le principe d'identité nationale et qui voit la diversité de l'Europe comme une force. »

M. Cameron a affirmé qu'il saisirait cette opportunité pour rapatrier des pouvoirs à Westminster et pour pousser l'Union européenne à se concentrer sur ce qui importe vraiment.

L'Allemagne veut du changement

Les déclarations de M. Cameron ne sont pas vraiment nouvelles et surviennent alors que l'Allemagne réclame une modification des traités afin de renforcer la gouvernance économique dans la zone euro.

Le Royaume-Uni demandera des dérogations pour les directives européennes qui affectent le droit du travail et la réglementation des services financiers si la zone euro adopte une modification fondamentale du traité, a déclaré le premier ministre, David Cameron, au parlement britannique le 6 septembre.

Il y a deux semaines, David Cameron a rappelé à la Commission européenne qu'elle se devait de sauvegarder les intérêts de l'Union des Vingt-Sept. Le premier ministre britannique craint en effet que les décisions prises pas les 17 Etats de la zone euro en difficulté ne portent atteinte à l'UE dans son ensemble.

Certains membres du parti conservateur de M. Cameron ont demandé que la Grande-Bretagne quitte l'UE, ou du moins qu'elle utilise la crise de la zone euro comme une opportunité pour rapatrier certains pouvoirs de Bruxelles.

Le premier ministre britannique a dû affronter une vraie rébellion, lorsque plus d'un quart des membres de son parti au parlement l'ont défié le mois dernier et exigé un référendum sur l'appartenance à l'UE. Le parlement a finalement rejeté cette motion, mais cette révolte a porté un coup à son autorité.

Paradoxe de l'économie britannique

Malgré ses performances anémiques, l'économie britannique semblerait tirer profit de la crise de la zone euro, ont révélé des économistes. En tant qu'économie importante en dehors de la zone euro, le Royaume-Uni est devenu un refuge pour les investisseurs qui achètent ses obligations de dette souveraine et ne souhaitent plus acheter d'obligations françaises ou autres.

Le taux d'intérêt des rendements obligataires britanniques est resté à 2,25 %, tout juste au-dessus de celui de l'Allemagne (1,85 %), alors que la France enregistre un taux de 3,3 % et l'Italie un taux de plus de 6 %, a rapporté l'Agence France-Presse.

Ces chiffres peuvent paraître stupéfiants à la lumière de l'important déficit budgétaire annuel du Royaume-Uni (9,4 %) qui surpasse d'ailleurs celui de la Grèce (8,9 %). Le taux de croissance de 0,7 % prévu au Royaume-Uni fait partie des plus bas de l'UE et sa dette publique est comparable à celle de la France (84 % contre 85,4 %).