Déficit : le FMI met en garde la France

Le Fonds monétaire international a demandé hier (27 juillet) à la France de prendre des mesures supplémentaires pour réduire son déficit et sauvegarder sa note de crédit AAA. Le FMI a également demandé au pays d'améliorer sa compétitivité en déclin.

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Le Fonds monétaire international a demandé hier (27 juillet) à la France de prendre des mesures supplémentaires pour réduire son déficit et sauvegarder sa note de crédit AAA. Le FMI a également demandé au pays d'améliorer sa compétitivité en déclin.

Dans son examen annuel de l'économie française, le Fonds monétaire international  a déclaré que sans des mesures d'austérité supplémentaires, le gouvernement du président, Nicolas Sarkozy, ne respecterait pas son objectif de réduire le déficit du pays pour atteindre le plafond de 3 % du PIB défini pour la zone euro.

Le FMI a affirmé que les prévisions du gouvernement concernant le déficit à partir de 2012 étaient fondées sur des estimations d'impôts et de revenus trop optimistes.

Il prévoit que le déficit de la France passera à 5,7 % du PIB en 2011, contre 7,1 % l'année dernière, mais qu'il ne diminuera qu'à 3,8 % d'ici la fin de 2013.

« La France ne peut pas risquer de ne pas atteindre ses objectifs budgétaires à moyen terme, étant donné la nécessité de renforcer la mise en œuvre du Pacte de stabilité et de croissance et de maintenir les coûts de l'emprunt à un bas niveau en assurant la note AAA de la France », peut-on lire dans le rapport du FMI.

« Il faut des mesures supplémentaires pour atteindre l'objectif de déficit de 3 % du PIB d'ici 2013 ».

Avec des taux d'imposition déjà parmi les plus élevés d'Europe, la meilleure option pour la France est que le gouvernement réduise ses dépenses pour atteindre ses objectifs à moyen terme, notamment dans le domaine des pensions et des soins de santé, a déclaré le FMI.

Alors que la France se dirige vers des élections présidentielles en avril prochain, le Fonds a également soutenu la proposition de M. Sarkozy d'inscrire la « règle d'or budgétaire » dans la Constitution. Cette réforme requiert le soutien de l'opposition socialiste, qui reste contre cette idée

En réponse au rapport du FMI, la ministre française du budget, Valérie Pécresse, a déclaré que le gouvernement était prêt à réduire encore davantage les exemptions fiscales pour atteindre ses objectifs budgétaires.

« Les engagements de rétablissement des comptes publics sont intangibles ». La ministre a par ailleurs confirmé l'objectif d'un déficit public inférieur à 3 % du produit intérieur brut en 2013.

La France ne peut pas risquer de ne pas atteindre ses objectifs.

Dans le climat d'inquiétude concernant une contagion dans la zone euro, le président Nicolas Sarkozy a joué un rôle décisif en assurant un accord pour un second renflouement de la Grèce la semaine dernière.

Toutefois, les économistes affirment que la note de crédit excellent de la France reste dans la ligne de mire. La France enregistre le déficit, la dette et le déficit primaire (qui exclut le paiement des intérêts) les plus élevés parmi les pays de la zone euro qui disposent d'une note AAA.

Selon le scénario de référence du FMI, la dette française atteindrait 88 % du PIB en 2013, mais pourrait grimper à 95 % si les taux d'intérêt étaient plus élevés que prévu et que la croissance économique se révélait plus lente. Le gouvernement prévoit que la dette atteindra 86,9 % du PIB en 2012. Le FMI a demandé à la France de se lancer dans un projet pluriannuel basé sur des prévisions économiques indépendantes.

Le Fonds a estimé que l'économie française, la deuxième de la zone euro, croîtrait de 2,1 % en 2011, ce qui correspond plus ou moins aux prévisions de 2,0 % du gouvernement, avant de légèrement diminuer pour atteindre 1,9 % en 2012. Le gouvernement, quant à lui, prévoit une croissance de 2,25 % l'année prochaine.

Le Fonds a prié le gouvernement de réduire ses lourdes taxes sur le travail afin d'améliorer la compétitivité française, sur le déclin. Le FMI a également réclamé que le pays prenne des mesures pour réduire son taux de chômage structurel, notamment chez les jeunes.

Il a noté que la rentabilité des banques françaises était revenue à son niveau d'avant la crise et que le secteur se renforçait. Même si les risques liés à une envolée des prix de l'immobilier et à une crise de la dette dans la zone euro ont été maîtrisés, le Fonds demande aux banques françaises de s'accrocher pour remplir les critères en termes de capitaux de l'accord de Bâle III d'ici 2013-2014.

« Nous pensons que les risques souverains sont soutenables car l'exposition du système financier français  est assez diversifiée », a déclaré Anne-Marie Gulde-Wolf, responsable de la mission du FMI auprès de la France.

EURACTIV avec Reuters – Article traduit de l'anglais par Amandine Gillet