Démission d’un ministre roumain accusé de corruption

Le premier ministre roumain, Mihai R?zvan Ungureanu, a confirmé aujourd’hui (5 avril) la démission de son ministre de l’environnement et des forêts, László Borbély, suite à une demande d’ouverture d’enquête à son encontre pour trafic d’influence et fausse déclaration de revenus.

EURACTIV.com
Laszlo Borbely.jpg
Laszlo Borbely.jpg

Le premier ministre roumain, Mihai R?zvan Ungureanu, a confirmé aujourd’hui (5 avril) la démission de son ministre de l’environnement et des forêts, László Borbély, suite à une demande d’ouverture d’enquête à son encontre pour trafic d’influence et fausse déclaration de revenus.

M. Ungureanu, nommé premier ministre il y a tout juste deux mois suite à une vague de protestations sans précédent qui avait poussé son prédécesseur, Emil Boc, vers la sortie, a déclaré qu'il reprendrait le portefeuille de M. Borbély en tant que ministre de l'environnement.

Le président, Traian B?sescu, a en outre signé un décret mettant un terme aux fonctions de M. Borbély.

Selon le quotidien Adevarul, M. Borbély est incapable d'expliquer l'origine d'une somme de 80 000 euros utilisée pour l'acquisition d'un appartement qu'il aurait acheté au nom d'un proche.

Suite à cette procédure judiciaire, le procureur général a demandé au parlement d'entamer des poursuites contre le ministre qui fait également partie des parlementaires.

Par le passé, le parlement roumain a à plusieurs reprises refusé d'autoriser des poursuites contre des députés accusés de différents méfaits. Cette fois-ci cependant, le président de la chambre haute, Vasile Blaga, qui est aussi l'un des leaders du Parti libéral-démocrate (PDL) de M. B?sescu, a déclaré que l'immunité de M. Borbély pourrait être levée.

L'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR), à laquelle appartient M. Borbély et qui fait partie de la coalition au pouvoir, a toutefois affirmé qu'elle le croyait innocent et qu'elle le soutiendrait.

L'année dernière, M. Borbély avait déjà été accusé d'avoir usé de son influence pour assurer la signature d'un contrat entre une entreprise privée et l'administration des eaux sous sa responsabilité. En échange, il aurait bénéficié de travaux d'aménagement d'une valeur de 20 000 euros dans l'un de ses appartements. Mais à l'époque, la coalition au pouvoir l'avait soutenu et il avait conservé ses fonctions.

La Roumanie peine à convaincre la Commission européenne qu'elle a bel et bien réformé son système d'application des lois et que la sphère dirigeante n'agit plus impunément. Bucarest espère qu'à l'été prochain, la Commission pourra mettre un terme au mécanisme de contrôle de ses progrès dans la lutte contre la corruption et de ses améliorations du système judiciaire (voir « Contexte »).