Démission de Liz Truss, le Royaume-Uni plonge dans le chaos
Liz Truss a démissionné jeudi (20 octobre) après seulement 45 jours de mandat, devenant ainsi la Première ministre britannique au mandant le plus court de l’histoire.
Liz Truss a démissionné jeudi (20 octobre) après seulement 45 jours de mandat, devenant ainsi la Première ministre britannique au mandant le plus court de l’histoire.
Mme Truss a démissionné après avoir été notifiée jeudi matin qu’elle avait perdu la confiance des députés conservateurs. Mercredi soir, un vote parlementaire sur l’autorisation de la fracturation a donné lieu à des scènes chaotiques, avec des ministres malmenant des députés dans le hall de vote pour soutenir le gouvernement.
Sa démission signifie que le Royaume-Uni va passer à son cinquième Premier ministre depuis le référendum sur le Brexit en juin 2016. Les trois derniers — Theresa May, Boris Johnson et maintenant Liz Truss — ont tous été évincés par leur propre parti.
Au cours de sa brève administration, Mme Truss avait adopté une approche plus constructive dans les relations entre l’UE et le Royaume-Uni, en assistant à la première réunion de la Communauté politique européenne à Prague et en rouvrant les discussions avec l’UE sur la résolution du protocole sur l’Irlande du Nord.
Toutefois, son destin a été scellé en septembre, par le mini-budget annoncé par le chancelier de l’époque, Kwasi Kwarteng, qui promettait des réductions d’impôts d’un montant de plus de 40 milliards de livres sterling, sans aucune évaluation d’impact sur les implications économiques ni aucun plan de réduction des dépenses. Ces propositions ont provoqué une ruée sur les obligations d’État britanniques et sur la livre, et ont été abandonnées depuis. M. Kwarteng a été licencié la semaine dernière.
Dans sa déclaration de démission, Mme Truss a déclaré qu’une élection pour la direction du parti conservateur serait organisée et conclue d’ici la fin de la semaine.
Trois des candidats qui avaient perdu contre Mme Truss lors de la dernière course à la présidence — Rishi Sunak, Suella Braverman et Kemi Badenoch — ont déjà fait part de leur intention de se présenter. Pour ajouter à la farce, Boris Johnson, qui a été évincé en juillet à la suite d’une série de scandales concernant sa propre conduite, a également indiqué son intention de se présenter à l’élection. Boris Johnson fait toujours l’objet d’une enquête parlementaire visant à déterminer s’il a enfreint la loi et menti au Parlement britannique pendant son mandat.
Bien que la Constitution n’exige pas la tenue d’élections générales à la suite de la démission d’un Premier ministre, le chaos qui règne au sein du parti conservateur a également accru les chances d’un scrutin anticipé. Tous les partis d’opposition ont exigé la tenue immédiate d’élections.
Le parti d’opposition, le parti travailliste, détient actuellement une avance de 30 points sur les conservateurs dans les sondages d’opinion.