Des fonds structurels pour faire avaler le plan d’austérité grec

Le dossier grec n’était pas à l’ordre du jour de la réunion des dirigeants européens à Bruxelles. Il a pourtant mobilisé toute l’attention.

EURACTIV.fr
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Le dossier grec n’était pas à l’ordre du jour de la réunion des dirigeants européens à Bruxelles. Il a pourtant mobilisé toute l’attention.

Alors que le Parlement du pays doit se prononcer, mardi 28 juin, sur un deuxième plan d’austérité nécessaire pour diminuer sa dette, les dirigeants réunis à Bruxelles ont accepté de mobiliser rapidement les fonds de la politique régionale pour donner un second souffle à la croissance grecque. 

Les Européens cherchent à fortifier l’économie du pays “sur le terrain”, a déclaré le président  de la Commission lors d’une conférence de presse en fin de soirée. “Ce soir, nous avons discuté de la manière d’utiliser ces fonds [de la politique régionale, ndlr] pour maximiser l’impact sur la croissance en Grèce”, a-t-il ajouté. 

Administration désorganisée

José Manuel Barroso a notamment évoqué la volonté de Bruxelles de financer un nouveau système informatque pour l’administration du pays, aujourd’hui complètement désorganisée. 

Normalement, les fonds européens servent à cofinancer entre 40 et 60% des projets. Mais la proportion de l’aide européenne pourrait être augmentée en permettant à l’UE de monter jusqu’à 85%.  

Pour la période budgétaire actuelle (2007-2013), la Grèce bénéficie d’un montant total de 20,3 milliards d’euros au titre de la politique régionale. Le pays a déjà touché 4,9 milliards. Sur les 15,7 milliards restants, plus de 60% auraient déjà été attribués à des projets, mais l’argent n’a pas encore été versé. 

De l’aide concrète devrait également être envoyée à Athènes. “J’ai demandé aux États membres de travailler avec la Commission pour que nous puissions apporter ensemble toute l’assistance technique disponible pour aider ce pays à obtenir cet argent le plus rapidement possible”, a ajouté le président de la Commission. 

Tiers monde

Cette aide pourrait passer par un détachement d’experts des États pour aider Athènes à fonder son administration sur de nouvelles bases. En creux, certains diplomates européens expliquent que ces décisions sont liées au total manque de confiance des Européens dans la capacité de la Grèce à se sortir seule de ses problèmes d’endettement. 

Cela revient à traiter la Grèce comme un pays du tiers monde, résume un diplomate à EURACTIV.com en ajoutant que la proposition de la Commission avait surpris plusieurs gouvernements de l’UE. 

La finalisation du plan d’austérité demandé à la Grèce était également dans toutes les têtes lors de cette première journée du sommet européen. 

Plan d’austérité finalisé

Dans la soirée, en marge de la réunion, le porte-parole du gouvernement grec Elisas Mossialos a indiqué qu’un accord venait d’être trouvé entre l’UE, le FMI et Athènes (Troïka). 

« Je viens juste de parler au ministre des Finances, qui a signalé que les discussions avec la troïka étaient terminées et que nous nous dirigions vers une adoption la semaine prochaine par le parlement des objectifs à moyen terme et de la première loi d’application”, a-t-il déclaré.  

Il s’agissait de trouver 5,5 milliards d’euros manquants sur une aide totale de 28,4 milliards. Un palier d’imposition devrait être abaissé et certaines taxes, notamment sur le fioul, augmentées.

Le vote du Parlement grec du 28 juin sera décisif. L’acceptation par les députés grecs est une condition sine qua non pour débloquer le nouveau plan d’aide dont a besoin le pays. Angela Merkel a demandé à l’opposition conservatrice du pays, opposée à ce nouveau plan, de prendre « ses responsabilités historiques ». 

Coopération économique

A l’origine, cette rencontre devait porter sur la réforme de la gouvernance de la zone euro, en pleine mutation depuis six mois. Le Conseil a exprimé sa volonté de poursuivre sur cette voie et d’accentuer les réformes au niveau national pour permettre une plus grande convergence et compétitivité des 17 pays. 

Le premier Semestre européen, nouvelle procédure qui consiste à faire examiner les projets de budgets nationaux par la Commission européenne, est officiellement clos et considéré comme une réussite. Le traité sur le mécanisme européen de stabilité financière sera aussi ratifié au niveau national le plus rapidement possible. 

Reste enfin à régler définitivement la question de la succession de Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque centrale européenne. Paris serait encore réticente à valider officiellement la candidature de l’italien Mario Draghi, sans l’assurance qu’un autre français siègera au sein du directoire. Dans le projet de conclusions publié hier sur EURACTIV.fr, sa nomination était pourtant actée.