Des islamistes radicaux arrêtés pour meurtre en Macédoine

En Macédoine, la police a arrêté 20 personnes mardi dernier, dont des islamistes radicaux qui ont combattu aux côtés des talibans en Afghanistan. Ces arrestations sont liées au meurtre de cinq hommes près d’un lac en périphérie de Skopje, qui avait eu lieu mi-avril.

EURACTIV.fr / Reuters
Journalists protest against libel suits. Skopje, 2012. [Reuters]
Journalists protest against libel suits. Skopje, 2012. [Reuters]

En Macédoine, la police a arrêté 20 personnes mardi dernier, dont des islamistes radicaux qui ont combattu aux côtés des talibans en Afghanistan. Ces arrestations sont liées au meurtre de cinq hommes près d’un lac en périphérie de Skopje, qui avait eu lieu mi-avril.

Le 13 avril dernier, les corps de cinq pêcheurs macédoniens ont été découverts près d'un lac du village de Smiljkovci, au nord de Skopje. Quatre des victimes avaient autour de 20 ans. Le cinquième homme avait environ 40 ans.

La ministre de l'intérieur, Gordana Jankulovska, a annoncé l’arrestation de 20 personnes lors de raids qui ont mobilisé près de 800 agents de police dans une vingtaine de lieux autour de la capitale. Certaines des personnes arrêtées seraient inculpées pour terrorisme et volonté de « répandre la peur » par ces attaques, a affirmé Mme Jankulovska. La majorité des personnes arrêtées sont des citoyens macédoniens, a-t-elle précisé.

« Certains font partie de groupes islamistes radicaux […] ou d'un groupe qui a combattu aux côtés des talibans, en Afghanistan et au Pakistan, contre les troupes de l'OTAN », a expliqué la ministre lors d'une conférence de presse.

L'ancienne république de Yougoslavie a envoyé environ 175 soldats en Afghanistan pour combattre aux côtés de l'OTAN, mais son adhésion est entravée par le conflit toponymique qui l'oppose à la Grèce quant à l'utilisation du nom de Macédoine.

Bien qu'elle ait obtenu le statut de candidat en 2005, cela fait sept ans que la Macédoine attend de pouvoir entamer les négociations. Les Grecs refusent en effet que le pays se désigne comme la « République de Macédoine » (voir « Contexte »).

La Macédoine a échappé de peu à la guerre civile en 2001 lorsque les diplomates occidentaux ont mis un terme aux conflits qui opposaient les forces du gouvernement à des guérilleros albanais.

L'accord de paix a permis aux Albanais de Macédoine, qui pratiquent souvent une forme d'Islam modérée, de bénéficier de plus de droits et d’une meilleure représentation. Les deux communautés restent toutefois largement divisées.

En 2002, le gouvernement du pays a annoncé que la police avait abattu sept « terroristes moudjahidine » qui projetaient d'attaquer les ambassades occidentales à Skopje.

Les juges avaient par la suite annoncé qu'il s'agissait en fait d'immigrés asiatiques, tués selon un plan savamment orchestré par le ministère de l'intérieur pour s'attirer les faveurs de l'Occident, quelques mois après les attaques du 11 septembre.

L'accord-cadre d'Ohrid conclu en août 2001 et négocié par les puissances occidentales a mis fin à la crise entre les communautés albanaises au nord de la Macédoine (organisées militairement au sein de l'Armée de libération nationale) et les forces macédoniennes. Peter Stano, un porte-parole du commissaire à l'élargissement, Štefan Füle, a déclaré cette année que cet accord devait être « intégralement appliqué » avant que le pays ne puisse entamer ses négociations d'adhésion.