Des règles strictes de rendement énergétique pourraient créer 443 000 emplois

Des normes strictes de rendement énergétique pour les voitures pourraient créer jusqu’à 443 000 emplois d’ici 2030 et accroître le PIB de l’Europe de 16 milliards d’euros par an, selon la première étude économique sur les incidences de la législation en matière de CO2 sur les voitures.

EURACTIV.com
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Des normes strictes de rendement énergétique pour les voitures pourraient créer jusqu’à 443 000 emplois d’ici 2030 et accroître le PIB de l’Europe de 16 milliards d’euros par an, selon la première étude économique sur les incidences de la législation en matière de CO2 sur les voitures.

 

La mise en oeuvre de la proposition de normes automobiles de l'UE pour 2020 de 95 grammes de CO2 par kilomètre (g/km) pour les voitures et de 147 g/km pour les camionnettes, comme mesure isolée, pourrait mener à la création de 356 000 emplois, selon le rapport réalisé par Cambridge Econometrics et Ricardo-AEA.

 

Si les objectifs réalisés étaient de 90 g/km pour les voitures et de 141 g/km pour les camionnettes avec des gains de rendement énergétique annuel de 3 % (et non de 1 %) les années suivantes, 443 000 d'emplois pourraient être créés.

 

« Le dépassement des objectifs est un scénario plausible, puisque différents constructeurs automobiles ont déjà rempli leurs objectifs pour 2015 à l'avance », selon le rapport.

 

Environ un tiers des nouveaux emplois prévus seraient créés dans la chaîne de valeur de l'industrie automobile, en raison de l'intensité de travail nécessaire au processus de fabrication de voitures à faibles émissions. Le reste proviendrait d'un passage des carburants fossiles à d'autres domaines.

 

Tous les emplois ne seront toutefois pas créés avant 2030, car dix années sont nécessaires pour que de nouvelles voitures s'installent dans l'économie.

 

Ce rapport révèle également que les améliorations du rendement énergétique augmenteraient les coûts moyens d'une voiture de 1 000 à 1 100 euros en 2020, mais ils seraient compensés par des réductions de consommation à long terme.

 

Fiona Hall, la membre de la commission de l'environnement en charge de la gestion du transfert de la législation de l'UE au Parlement européen, a accueilli favorablement ce document.

 

« La réduction des émissions de CO2 des voitures contribue non seulement à la lutte contre le changement climatique, mais crée également des emplois dans les entreprises de la technologie automobile et stimule l'économie européenne en réduisant les dépenses liées à l'importation de pétrole », a déclaré l'eurodéputée britannique.

 

Estimations contradictoires

 

L'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA) affirme toutefois qu'une telle augmentation des prix encourageait les consommateurs à privilégier l'achat de voitures à fortes émissions de carbone aux véhicules plus verts, mais plus chers.

 

« Il n'existe aucune preuve qu'une réglementation plus stricte créerait des emplois en Europe », a affirmé Cara McLaughlin, une porte-parole de l'ACEA. « Les retombées sont discutables et plusieurs estimations contradictoires indiquent qu'il n'y aurait aucun effet positif évident sur l'économie de l'UE. »

 

Le rapport de Cambridge Econometrics et de Ricardo-AEA a rassemblé des données de l'industrie automobile, des modèles de la Commission européenne et des prévisions en matière de carburant de l'Agence internationale de l'énergie.

 

Certaines organisations du secteur comme l'Association européenne de l'aluminium (EAA) ont accueilli favorablement le document, car il pourrait stimuler l'utilisation de matériaux de construction automobile plus légers.

 

« Des matériaux plus légers sont non seulement bénéfiques pour le climat, mais présentent aussi un avantage économique réel », a déclaré Gerd Götz, le directeur général de l'EAA.

 

Il a ajouté que ces solutions étaient « indispensables dans la situation économique actuelle ».

 

Vote du Parlement européen

 

Le rapport est publié alors que la commission de l'industrie du Parlement européen se prépare à voter mardi (19 mars) un avis sur la proposition relative aux normes de CO2 pour 2020.

 

L'avis des eurodéputés appelle au report de toute décision en matière d'objectifs automobiles pour 2025 et 2030 au-delà de l'échéance du 31 décembre 2014 proposée par l'UE.

 

Le Parti populaire européen de centre-droit a également proposé d'autres amendements visant à un assouplissement des propositions de la Commission, dont l'élargissement des exemptions et des dérogations présentes dans les clauses de la législation sur les super crédits.

 

Le vote clé sur la proposition d'une nouvelle législation aura lieu le 25 avril au sein de la commission parlementaire de l'environnement, qui a l'initiative à la matière.