Donald Trump et l’ami Orbán

Le dirigeant hongrois Viktor Orbán n’est peut-être pas en odeur de sainteté de l’autre côté de l’Atlantique, ni sans doute connu du grand public aux États-Unis, mais il a au moins un fan : Donald Trump.

EURACTIV France avec AFP
United States President Donald J. Trump meets with the Prime Minister of Hungary Viktor Mihály Orbán at the White House
Donald J. Trump, alors président des États-Unis, lors d’une rencontre avec le Premier ministre hongrois Viktor Orbán à la Maison-Blanche, à Washington DC, le 13 mai 2019. [EPA-EFE/Chris Kleponis]

Le dirigeant hongrois Viktor Orbán n’est peut-être pas en odeur de sainteté de l’autre côté de l’Atlantique, ni sans doute connu du grand public aux États-Unis, mais il a au moins un fan : Donald Trump.

L’ancien président et candidat à la Maison-Blanche a cité le Premier ministre hongrois, régulièrement accusé d’autoritarisme, en exemple mardi 10 septembre lors de son débat télévisé face à l’actuelle vice-présidente Kamala Harris, y voyant un gage de légitimité.

Alors que la démocrate assurait que le républicain était la « risée » des dirigeants mondiaux, Donald Trump a répliqué que ce n’était pas le cas et a vanté le soutien du dirigeant nationaliste hongrois.

« Permettez-moi de dire, à propos des dirigeants mondiaux, que Viktor Orbán est l’un des hommes les plus respectés », a-t-il affirmé. « On dit de lui que c’est un homme fort. C’est un homme dur, intelligent, Premier ministre de la Hongrie. »

Il a ensuite déclaré que lorsque certains « disent : “Pourquoi le monde entier explose-t-il ? Il y a trois ans, ce n’était pas le cas. Pourquoi le monde explose-t-il ?” [Viktor Orbán] a répondu : Parce qu’il faut que Trump redevienne président ».

« [Viktor] Orbán l’a dit, il a déclaré : “La personne la plus respectée et la plus crainte est Donald Trump. Nous n’avions pas de problèmes lorsque Trump était président », a-t-il insisté.

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump, qui a occupé la Maison-Blanche de 2017 à 2021, loue le dirigeant hongrois, et surtout son soutien.

Les deux hommes jouissent de connivences évidentes, d’être selon eux des dirigeants à poigne et anti-immigration notamment.

Le fait est que le nombre de dirigeants mondiaux ouvertement pro-Trump se compte sur les doigts de la main, et que nombre de responsables européens redoutent publiquement un retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Viktor Orbán avait été parmi les premiers à faire part de ses « pensées et prières » après la tentative d’assassinat ayant visé Donald Trump le 13 juillet.

« Flatteries »

La connivence est telle que le slogan des six mois de la présidence hongroise du Conseil de l’Union européenne est « Make Europe Great Again », inspiré du « Make America Great Again » de Trump.

Le pays d’Europe centrale occupe en effet depuis le 1er juillet la présidence tournante du Conseil de l’UE, où se réunissent les ministres du bloc, et est un allié dans l’OTAN.

Donald Trump et Viktor Orbán se vouent une admiration mutuelle, et multiplient les rencontres.

Le dernier rendez-vous en date remonte au mois de juillet en marge d’un sommet de l’OTAN à Washington, lorsque Viktor Orbán s’était rendu — pour la deuxième fois cette année — à Mar-a-Lago, en Floride, la luxueuse villa du milliardaire républicain. Il s’y était aussi rendu en mars.

Le déplacement avait eu lieu au terme d’une « mission de paix » autoproclamée de Viktor Orbán à Kiev, Moscou, puis Pékin où il voulait chercher une voie de résolution au conflit en Ukraine. Il y avait rencontré le président russe Vladimir Poutine, provoquant la colère des Européens.

Proche de Moscou, Viktor Orbán critique les sanctions contre la Russie et l’aide militaire à Kiev. Il s’oppose à la perspective d’une adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.

Donald Trump de son côté promet, s’il est élu le 5 novembre, de mettre fin à la guerre en Ukraine.

Lors du débat, la vice-présidente a mis en exergue l’égo démesuré selon elle de son adversaire, soulignant qu’il était de « notoriété publique que ces dictateurs et ces autocrates souhaitent que vous soyez à nouveau président parce qu’ils savent très bien qu’ils peuvent vous manipuler en vous flattant et en vous accordant des faveurs ».

Les États-Unis dénoncent régulièrement les atteintes à la liberté d’expression ou de religion en Hongrie, ainsi qu’aux droits humains notamment à l’égard des personnes LGBT+.

Viktor Orbán a pu dénoncer aussi « la faiblesse et la désintégration de l’Occident », illustrée selon lui par la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris. M. Trump lui accuse Joe Biden et Kamala Harris de « détruire le tissu social » de l’Amérique.

« On lui a demandé de citer un leader mondial qui était avec lui et c’est Orbán… Mon Dieu, ça veut tout dire », relevait sur la chaîne MSNBC le colistier de Kamala Harris, Tim Walz.