Drones iraniens en Ukraine : la Russie et l'Iran nient, l'UE prépare des sanctions

La Russie et l'Iran ont fermement démenti mercredi (19 octobre) à l'ONU toute fourniture par Téhéran de drones armés à Moscou dans sa guerre en Ukraine, tandis que l'Union européenne a promis de prochaines sanctions contre la République islamique.

Three,Military,Drones,Silhouettes.,Armed,With,Missiles.,Yellow,Sky,Background.
Téhéran a nié à plusieurs reprises ces derniers jours fournir des armes et des drones à la Russie pour ses opérations en Ukraine. [sibsky2016 / Shutterstock]

La Russie et l’Iran ont fermement démenti mercredi (19 octobre) à l’ONU toute fourniture par Téhéran de drones armés à Moscou dans sa guerre en Ukraine, tandis que l’Union européenne a promis de prochaines sanctions contre la République islamique.

L’un après l’autre, l’ambassadeur russe adjoint auprès des Nations unies Dmitri Polianski et l’ambassadeur iranien Amir Saïd Iravani se sont succédé devant la presse à la porte du Conseil de sécurité après deux heures de réunion à huis clos, à la demande des Occidentaux, sur le dossier des drones iraniens en Ukraine.

Le diplomate russe, ironique et très en verve, a fustigé « des accusations sans fondement, des théories du complot et aucune preuve présentée devant le Conseil de sécurité ». M. Polianski a affirmé que les drones « utilisés par l’armée russe en Ukraine étaient fabriqués en Russie » et donc pas d’origine iranienne.

L’ambassadeur iranien a également balayé des « allégations sans fondement et sans substance » sur ce transfert présumé de drones entre les deux alliés et a répété que son pays souhaitait un « règlement pacifique » du conflit ukrainien.

Lors du vote organisé le 12 octobre par l’Assemblée générale de l’ONU pour condamner l’annexion russe « illégale » dans l’est de l’Ukraine, Téhéran s’est abstenu comme 34 autres Etats membres.

Menace russe

A son démenti, le Russe Polianski a ajouté une menace envers le secrétariat général de l’ONU et son chef Antonio Guterres.

En cas d’enquête onusienne « absolument non professionnelle et politique » pour déterminer l’origine des drones en Ukraine, « nous aurions à reconsidérer notre collaboration avec eux (le secrétariat général), ce qui ne serait dans l’intérêt de personne », a lancé le diplomate.

Téhéran a nié à plusieurs reprises ces derniers jours fournir des armes et des drones à la Russie pour ses opérations en Ukraine. Mais sur le terrain, l’armée de l’air de Kiev a affirmé mercredi avoir détruit 223 drones iraniens depuis mi-septembre.

De même à Bruxelles, la porte-parole de la diplomatie européenne Nabila Massrali a annoncé que l’UE avait rassemblé « suffisamment de preuves » démontrant que les drones utilisés par Moscou ont été fournis par Téhéran.

Elle a dit que les 27 préparaient « une réponse européenne claire, rapide et ferme ».

Une liste de sanctions leur a été soumise et une décision est attendue « dans le courant de la semaine », selon une source diplomatique.

D’après cette liste vue par l’AFP, les sanctions visent notamment la compagnie iranienne Shahed Aviation Industries, liée aux puissants Gardiens de la Révolution, et trois responsables militaires, dont le général Mohammed Hossein Bagheri, chef d’état-major des forces armées iraniennes.

Accord moribond

A Washington, un porte-parole de la diplomatie américaine a enfoncé le clou : il existe « nombre de preuves que la Russie utilise (ces drones) iraniens pour des attaques impitoyables et délibérées contre la population ukrainienne et des infrastructures civiles essentielles ».

« Les Etats-Unis se joignent aux Britanniques et aux Français » pour dénoncer « une violation claire de la résolution 2231 (de 2015) du Conseil de sécurité de l’ONU », un texte qui encadre le désormais moribond accord international sur le programme nucléaire de Téhéran, a ajouté ce porte-parole du département d’Etat.

Enfin, « vendredi, à la demande de la France et du Mexique, le Conseil de sécurité tiendra une réunion (publique) sur la protection des civils, pour évoquer la question des frappes indiscriminées contre les civils qui peuvent être constitutives de « crimes de guerre » », a indiqué une source diplomatique française.