Echec des discussions de coalition, la Belgique au bord du gouffre
La Belgique a de nouveau été plongée dans une crise politique ce week end, alors que le dirigeant socialiste francophone Elio Di Rupo a démissionné de son poste de préformateur. Les dirigeants politiques parlent ouvertement de la perspective de scinder le pays
La Belgique a de nouveau été plongée dans une crise politique ce week end, alors que le dirigeant socialiste francophone Elio Di Rupo a démissionné de son poste de préformateur. Les dirigeants politiques parlent ouvertement de la perspective de scinder le pays
Le Roi Albert II a accepté la démission d’Elio Di Rupo et a nommé un représentant de chaque communauté linguistique – Président de la chambre basse du parlement et membre du Parti Socialiste, le francophone André Flahaut aux côtés du Président du Sénat et membre du parti séparatiste N-VA Danny Pieters – afin de mener les efforts visant à redémarrer les discussions de coalition.
Bart De Wever, dirigeant du parti séparatiste N-VA, qui est apparu comme la plus grande force politique de la Flandre après les élections générales en juin dernier, a déclaré qu’il n’y a actuellement pas assez de consensus au sujet des questions importantes.
Le futur de Bruxelles, la capitale belge, qui joue le rôle d’hôte des institutions européennes, semble être un des principaux obstacles qui se mettent en travers de la formation d’un nouveau gouvernement.
La Belgique tient actuellement la présidence tournante de l’Union Européenne.
La redéfinition des circonscriptions électorales autour de la ville plombe la politique nationale depuis 2007 – les politiciens flamands ne se privant pas de rappeler que la capitale belge est située de « leur » côté de la frontière linguistique.
Dimanche, des centaines de flamands séparatistes ont pris part à une manifestation annuelle, qui consiste à symboliquement encercler Bruxelles à vélo, afin de rappeler aux locaux que ceux-ci sont entourés par la Flandre.
Les politiciens wallons, de l’autre côté, soulignent le statut bilingue de la ville et n’hésitent pas à faire remarquer que plus de 80% de sa population est francophone. Au cours des négociations, ils ont fait la demande de plus de financement pour Bruxelles et de son extension afin de relier la ville à la Wallonie par le sud.
Cependant ces demandes furent rejetées par Bart De Wever. Dramatiser la situation n’aide en rien. Les politiciens doivent faire preuve de leur sens des responsabilités, a-t-il dit.
Pendant ce temps, Laurette Onkelinx, une dirigeante du Parti Socialiste, a averti ce dimanche que les citoyens doivent se préparer à la scission de la Belgique.
Lorsque je regarde les lettres que je reçois, je me rends compte que beaucoup de gens croient en cette possibilité. Nos politiciens doivent être préparés, a dit Mme Onkelinx, ministre fédérale pour la santé et les affaires sociales au sein du gouvernement intérimaire de la Belgique.