Le groupe CRE sauvé par un compromis entre le PiS et Fratelli d'Italia, selon les médias polonais

Le parti conservateur polonais PiS a conclu un accord avec Fratelli d'Italia sur la répartition des postes clés au sein de leur famille politique européenne, les Conservateurs et Réformistes européens (CRE), a rapporté l'agence de presse polonaise (PAP) jeudi (27 juin).

EURACTIV Pologne
European Council in Brussels
La Première ministre italienne Giorgia Meloni (à droite) et son homologue polonais Mateusz Morawiecki (à droite) lors d'un Conseil européen à Bruxelles, le 29 juin 2023. [[EPA-EFE/OLIVIER HOSLET]]

Le parti conservateur polonais PiS a conclu un accord avec les Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni sur la répartition des postes clés au sein de leur famille politique européenne, le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (CRE), a rapporté l’agence de presse polonaise (PAP) jeudi (27 juin).

Le parti Droit et justice (PiS) et Fratelli d’Italia sont les deux plus grands partis du groupe national-conservateur CRE, avec respectivement 20 et 24 eurodéputés.

Avec l’arrivée de nouveaux membres, le groupe est récemment devenu le troisième plus grand groupe du Parlement européen et devrait le rester si toutes ses parties lui reste.

Cependant, jusqu’à présent, le maintien du PiS au sein de CRE n’était pas du tout certain.

Jeudi (27 juin), plusieurs articles de presse se sont fait les relais des tergiversations du PiS, alors tenté par un nouveau groupe avec le Fidesz du premier ministre hongrois Viktor Orbán, le mouvement tchèque ANO et le Parti démocratique slovène (SDS) notamment.

Finalement, l’agence de presse polonaise (PAP) a rapporté que le PiS était parvenu à un compromis avec Fratelli d’Italia pour repartir les postes de direction au sein du groupe. Le groupe ne sera officiellement formé que mardi prochain (3 juillet), au moment d’élire le nouveau président.

Négociations

Les discussions mercredi (26 juin) sur la composition du groupe ont d’abord été interrompues, avant d’être reportées puis annulées en raison du boycott de la délégation polonaise, ont indiqué plusieurs sources à Euractiv.

Le PiS a notamment demandé l’admission du Fidesz et du Rassemblement national français de Marine Le Pen au sein de l’ECR.

Les membres du PiS étaient divisés en interne sur la question de savoir qui nommer aux postes de direction du groupe. Le parti polonais recevra finalement deux postes de vice-président du groupe et conservera d’autres postes qu’il occupait déjà, comme celui du secrétariat général du groupe.

L’adhésion du Fidesz hongrois n’est pas un sujet pour l’instant, mais des sources affirment qu’il pourrait être à nouveau abordé.

Contacté par Euractiv, le PiS n’a ni confirmé ni infirmé les informations de PAP, quand la délégation italienne a déclaré à l’agence de presse que les demandes du PiS concernait plutôt le maintien de leur influence au sein du groupe que l’élargissement de ce dernier. Le parti se serait notamment appuyé sur la mise à l’écart de Giorgia Meloni des discussions sur les postes clés européens.

« La délégation polonaise a décidé qu’elle pouvait tirer quelque chose de la défaite de Giorgia Meloni. C’est une danse sur sa tombe », a déclaré un eurodéputé italien à l’agence PAP.

L’avenir de la Confédération

S’il est confirmé, le consensus entre le PiS et Fratelli d’Italia signifie que même si Viktor Orbán prévoit d’établir un nouveau groupe au Parlement européen, il est peu probable qu’il y inclut le PiS, allié de longue date.

Le maintien du PiS au sein de CRE et l’absence d’élargissement du groupe pourraient également fermer la porte au parti d’extrême droite Confédération polonaise, qui vient de rejoindre le Parlement européen et cherche à présent sa place dans l’éventail européen.

La nouvelle eurodéputée de la Confédération, Anna Bryłka, a déclaré à Euractiv la semaine dernière qu’elle doutait de la formation d’un nouveau groupe au Parlement et que son parti rejoindrait probablement les CRE ou le groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) du Rassemblement national (RN).

Interrogé sur la possibilité de siéger avec le PiS au sein du CRE, dont son parti est un féroce adversaire au Pologne, Anna Bryłka a déclaré n’exclure aucun scénario.

[édité par Sarantis Michalopoulos / Aurélie Pugnet]