Efficacité énergétique : le secteur s’inquiète de la fragmentation des normes en Europe

Alors que la Commission européenne attend que les Etats membres mettent en œuvre la récente directive sur l’efficacité énergétique, les acteurs du secteur mettent en lumière l’importance de l’élaboration de normes cohérentes et uniformes dans toute l’Europe.

EURACTIV.fr
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Alors que la Commission européenne attend que les Etats membres mettent en œuvre la récente directive sur l’efficacité énergétique, les acteurs du secteur mettent en lumière l’importance de l’élaboration de normes cohérentes et uniformes dans toute l’Europe.

La présidence danoise a dû être soulagée lorsque les 27 États membres se sont mis d'accord sur le texte final de la directive relative à l'efficacité énergétique le 14 juin dernier, alors qu'il aurait pu être reporté à l'année prochaine ou simplement supprimé.

Mais la bataille politique lancée par cette directive l'année dernière est loin d'être terminée. 

En vertu de ce texte de loi, les gouvernements nationaux devront présenter à la Commission européenne des plans de mise en oeuvre cet automne. Le Parlement européen devra encore donner son accord final en septembre, même si ce ne devrait être qu'une simple formalité à cette étape du processus législatif.  

Après la trêve estivale, la bataille des groupes de pression reprend : les acteurs du secteur s'inquiètent de l'approche fragmentée que les pays pourraient adopter en transposant le texte dans leur droit national.

Certains pensent que cette directive pourrait bien changer la donne, notamment en imposant une réduction de 1,5 % sur les ventes des entreprises énergétiques aux consommateurs. Les mesures obligatoires qu'elle contient devraient ouvrir la voie à une modernisation majeure du parc immobilier de l'UE.

Le mode d'application des mesures proposées dans les 27 États membres n'a toutefois pas encore été décidé. Il n'existe pas de solution miracle à l'échelle européenne, car chaque pays dispose de sa propre politique énergétique. En outre, certains pays comme l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Espagne ont inlassablement tenté d'affaiblir les dispositions principales de cette directive, dans la mesure où ils ont déjà mis en place leur propre système d'économie d'énergie.

« Les débats seront animés sur les différentes options envisageables pour économiser de l'énergie », a déclaré Brook Riley qui a suivi l'évolution du texte pour l'ONG des Amis de la Terre Europe. « Ce sera une véritable lutte de pouvoir. »

Les différentes manières dont cette directive pourrait être interprétée risquent d'encourager les pays à recycler des programmes d'efficacité énergétique existants et à les placer sous l'égide de la directive, sans prendre de nouvelles initiatives.

La Grande-Bretagne pourrait intégrer la rénovation des bâtiments dans son Green Deal Scheme. L'Allemagne devrait quant à elle miser sur un programme de rénovation existant et très populaire au lieu de concentrer ses efforts sur les économies d'énergies pour les fournisseurs d'électricité. Il pourrait en être de même en France, en Autriche, en Suède et au Danemark.

Dangers de l'incohérence

Les dirigeants du secteur sont à présent inquiets du manque de cohérence en matière de méthodologie et de récolte des données à travers l'Europe, ce qui pourrait faire perdre du terrain aux investisseurs européens face à des concurrents puissants sur la scène internationale comme la Chine ou les États-Unis.

Un acteur du secteur a déclaré que les Européens devraient s'exprimer d'une seule voix dans le débat mondial. « Cela permettrait sans aucun doute de développer le concept de produits bénéfiques pour l'environnement, tout en nous permettant de rester concurrentiels sur le marché », a expliqué Horst-Tore Land, directeur de l'initiative Ecomagination de General Electric pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, lors d'un entretien accordé à EURACTIV

L'application de normes et méthodologies différentes entre les États membres pourrait entraîner de trop grandes différences à l'échelle du continent et mener à une approche trop fragmentée, ce qui nuirait aux investisseurs européens, selon M. Land.

« D'un point de vue international, il est important pour l'Europe que nous respections le concept de marché commun. Nous devons nous exprimer au nom de l'Europe dans les débats internationaux et éviter autant que possible de mettre en oeuvre des mesures uniques dans le cadre de réglementations par pays », a-t-il déclaré.