Élargissement : l’Ukraine et la Moldavie prêtes à entamer les négociations, selon la Commission
La Commission européenne a déclaré vendredi (7 juin) que l’Ukraine et la Moldavie étaient suffisamment prêtes pour l’ouverture officielle des négociations d’adhésion à l’UE.
La Commission européenne a déclaré vendredi (7 juin) que l’Ukraine et la Moldavie étaient suffisamment prêtes pour l’ouverture officielle des négociations d’adhésion à l’UE.
Selon des personnes proches des négociations, la Commission a confirmé aux ambassadeurs de l’UE que l’Ukraine et la Moldavie avaient accompli les étapes requises pour entamer les négociations formelles d’adhésion à l’UE.
Pour Chisinau, les étapes concernaient la réforme judiciaire, la lutte contre la corruption, mais également la « désoligarchisation ».
Quant à Kiev, la Commission européenne avait réclamé des mesures pour lutter contre la corruption et l’emprise des oligarques. Elle avait également demandé une meilleure prise en compte des minorités, une mesure réclamée avec insistance par Budapest, en raison de la présence en Ukraine d’une communauté hongroise.
Les ambassadeurs des 27 à Bruxelles, qui se sont réunis vendredi matin, vont désormais examiner l’avis de la Commission sur le sujet.
Ils devront ensuite décider de recommander ou non une ouverture des négociations d’adhésion avant la fin du mois. Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE doivent se retrouver en sommet les 27 et 28 juin à Bruxelles.
La Commission et les États membres favorables à l’élargissement ont fait pression pour entamer les négociations officielles ce mois-ci, afin de donner un signal positif aux deux pays sur leur adhésion.
« Nous considérons que les deux pays ont franchi toutes les étapes. La décision est maintenant entre les mains des États membres », a indiqué Ana Pisonero, porte-parole de la Commission européenne, aux journalistes à Bruxelles après les discussions de vendredi.
La majorité des 27 États membres sont favorables à la tenue de la première conférence intergouvernementale (CIG), qui lancerait les négociations officielles, alors que les ministres des Affaires européennes devraient se réunir le 25 juin et ont accueilli favorablement la mise à jour de la Commission européenne.
Cependant, avant le lancement de la CIG, les États membres de l’UE doivent se mettre d’accord sur un cadre de négociation pour les deux pays, une étape que la Hongrie retarde pour l’Ukraine depuis un certain temps, notamment en raison des inquiétudes concernant le traitement de la minorité hongroise sur le territoire ukrainien.
D’après plusieurs diplomates européens, la Hongrie a émis des doutes concernant les évaluations de la Commission et a demandé que ses préoccupations soient ajoutées au projet de cadre de négociation.
Plus tôt cette semaine, une douzaine d’États membres de l’UE ont insisté pour accélérer le processus d’adhésion et lancer officiellement les négociations d’ici fin juin, selon une lettre rapportée pour la première fois par Euractiv.
La présidence belge de l’UE a annoncé tout mettre en œuvre pour la préparation des deux CIG qui auront lieu le 25 juin à Luxembourg, s’il y a un consensus entre les États membres.
Bien qu’aucune décision sur les cadres de négociation ne soit attendue immédiatement, les diplomates de l’UE ont prévu de discuter de la question dans des groupes de travail internes. Les ambassadeurs de l’UE devraient également débattre officiellement de la question la semaine prochaine, mercredi (12 juin).
Certains États membres de l’UE, comme les Pays-Bas, doivent suivre une procédure parlementaire basée sur le rapport afin de recevoir le feu vert pour approuver les prochaines étapes.
Quelle que soit la décision des 27, le processus sera long et ardu. Une éventuelle entrée dans l’UE de l’Ukraine, un pays de plus de 40 millions d’habitants, et une puissance agricole, pose de nombreuses difficultés, à commencer par le financement.
Par ailleurs, l’exécutif de l’UE a aussi informé les envoyés de l’UE qu’une conférence intergouvernementale (CIG) pour le Monténégro pourrait être organisée rapidement, « compte tenu des récentes mesures positives qui ont été prises et des exigences qui ont été remplies ».
[Édité par Anna Martino]