Elections européennes : un site Internet publie l’historique des votes des eurodéputés [FR]

Les citoyens pourront suivre de près l’historique des votes de leurs eurodéputés avant les élections européennes du mois prochain, grâce au lancement hier (11 mai) d’un nouveau site Internet qui rend ces renseignements facilement accessibles au public.

Tiered services. US, 2009.
Tiered services. US, 2009.

Les citoyens pourront suivre de près l’historique des votes de leurs eurodéputés avant les élections européennes du mois prochain, grâce au lancement hier (11 mai) d’un nouveau site Internet qui rend ces renseignements facilement accessibles au public.

Le projet VoteWatch.eu – qui cherche à promouvoir la transparence de la prise de décision européenne et améliorer la qualité du débat- rassemble des données disponibles au public sur l’assiduité, le vote et l’activité des eurodéputés sur un portail unique et qui permet de faire des recherches. 

Le projet fournit des informations détaillées sur l’historique de vote des parlementaires, et activités politiques formelles– du travail en commission aux rapports parlementaires– et comprend une information à portée de main sur les coalitions politiques qui se forment sur des questions politiques, peut-on lire dans une déclaration du site web. 

Nous ne sommes pas focalisés sur la campagne, nous ne sommes pas supporters d’un parti ni ne recevons d’argent des institutions européennes ou des organisations gouvernementales, a expliqué la meneuse du projet, Sara Hagemann de l’European Policy Centre (EPC), un think tank basé à Bruxelles. Toute l’information est publiquement disponible, mais elle est difficile à retrouver. Nous l’avons rassemblée, a-t-elle déclaré. 

Les utilisateurs peuvent rechercher l’historique de vote d’un eurodéputé en particulier ou accéder aux données de votes par nationalité ou par groupe politique. L’outil de recherche permet aux utilisateurs d’identifier si un eurodéputé a voté en accord ou en désaccord avec la ligne de son gouvernement ou de son groupe politique sur une question en particulier. 

Les « scores » de cohésion affichés à côté des résultats permettent d’oser des comparaisons avec le vote précédent des membres sur une question en particulier, ou l’accord avec la ligne de conduite du parti, laissant les utilisateurs retracer l’évolution de la position de leur eurodéputé ou d’un groupe politique avec les années. 
Il y a des changements de coalition au Parlement européen, tout comme les basculements de coalition au Congrès américain, a déclaré Simon Hix de la London School of Economics, un autre développeur du site.

Pas de dénigrement

M. Hix n’a pas hésité à souligner que l’information sur VoteWatch.eu est purement objective. Ce n’est pas un site de dénonciation et d’accusation, et je pense qu’il sera difficile d’user du site dans ce but, a-t-il expliqué : il n’est pas susceptible de manipulation éditoriale. Selon lui, cela signifie que les gens peuvent maintenant utiliser l’information que le Parlement fournit. Auparavant, ce n’était pas le cas, a-t-il affirmé.

Un inconvénient du site est qu’il ne peut retracer que les votes par appel nominal, et pas les votes électroniques ou à main levée. Mais tous les votes importants et ceux qui impliquent de l’activité d’influence sont par appel nominal, selon M. Hix. 

En effet, Guillaume McLaughlin, un membre du secrétariat de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE), a affirmé que le Parlement européen a décidé que dans tous les cas tous les votes finaux se feraient par vote nominal, ajoutant que les groupes politiques se serviront probablement du site pour surveiller ce que font leurs membres.

Le site ne doit pas masquer les échecs des institutions

Mais le médiateur européen, P. Nikiforos Diamandouros, a mis en garde qu’on ne devrait pas laisser cette initiative masquer les problèmes de communication du Parlement européen, et surtout ceux du Conseil.

Les citoyens ne seront pas satisfaits avant que toute les délibérations législatives soient rendues publiques, a déclaré M. Diamandouros, faisant part de sa confiance dans la capacité de la prochaine présidence suédoises, engagée dans l’amélioration de la transparence, à donner à la question une importance grandissante dans les années à suivre. 

Le Conseil susceptible d’une surveillance similaire 

Les auteurs du projet ont même suggéré qu’un système similaire pourrait se voir appliqué au Conseil des ministres de l’UE, qui représente les 27 Etats membres de l’Union.

L’examen des activités du conseil par les parlements nationaux n’est pas simple : il y a une pléthore de données disponibles, mais d’une qualité limitée, a affirmé Mme Hagemann, de l’EPC.

Les historiques de vote sont noircis, et n’indiquent pas quels pays sont pour ou contre, a-t-elle déclaré, avant d’annoncer que VoteWatch.eu sera élargi plus tard dans l’année ou au début de l’année prochaine pour inclure l’information relative à l’historique de prise de décision des gouvernements au Conseil des ministres. 

Pendant la prochaine moitié de l’année, nous envisagerons de présenter les données du Conseil d’une manière similaire. Mais cela devra être réalisé autrement, et nous aurons besoin de la coopération du secrétariat du Conseil, selon Mme Hagemann.