Emmanuel Macron se désole de la démission de Mario Draghi
Le président français Emmanuel Macron a rendu hommage jeudi (21 juillet) à Mario Draghi, « un partenaire de confiance », dont la démission ouvre une période « d’incertitude » selon Laurence Boone.
Le président français Emmanuel Macron a rendu hommage jeudi 21 juillet à Mario Draghi, « un partenaire de confiance », dont la démission ouvre une période « d’incertitude » selon Laurence Boone.
Emmanuel Macron a, par communiqué, salué « l’engagement sans faille [de Mario Draghi] à réformer son pays ».
« Un grand homme d’État italien » et « un ami de la France » qui, selon le président français, a fait de l’Italie « un soutien indéfectible pour apporter des réponses européennes à nos défis communs, notamment face à l’agression de l’Ukraine par la Russie » tout au long de la présidence française du Conseil de l’UE (janvier-juin 2022).
En effet, l’historien français spécialiste de la vie politique italienne Marc Lazar a expliqué, sur France 24, que Mario Draghi « a décidé d’envoyer des armes à l’Ukraine », « en rompant avec une tradition politique de la République italienne ».
Grâce à M. Draghi, poursuit Emmanuel Macron, l’amitié franco-italienne a bénéficié d’un « nouvel élan », ayant abouti à la signature du traité du Quirinal.
Ce traité, dont la négociation avait débuté sous la présidence du Conseil de Paolo Gentiloni en 2018, signé en novembre 2021, renforce la coopération entre les deux pays notamment en matière de sécurité, de défense, de spatial, de recherche et d’enseignement.
Jeudi matin, sur la radio France Inter, la secrétaire d’État chargée de l’Europe Laurence Boone a « [rendu] hommage à un pilier de l’Europe » et s’est inquiétée de voir l’Italie entrer dans une période « d’instabilité » et « d’incertitude ».
Quant aux élections à venir, l’historien Marc Lazar a alerté sur la possibilité que la naissance d’un gouvernement de droite en Italie puisse jouer en défaveur de l’Ukraine dans le conflit contre la Russie.
En effet, explique-t-il, la Ligue de Matteo Salvini (extrême droite) et Forza Italia de Silvio Berlusconi (droite libérale) sont dans une situation « ambiguë, voire ambivalente » envers Vladimir Poutine.
Ensemble, ils composent la coalition de droite – favorite pour remporter les élections qui devraient se tenir en automne prochain sur la péninsule italienne – avec le parti post-fasciste Fratelli d’Italia. La dirigeante de ce dernier, Giorgia Meloni, s’est alignée sur la position européenne et atlantiste, en condamnant le conflit en Ukraine, « un changement important » selon l’historien.
Ces différences de vue posent « une question clé », en cas de victoire de la coalition de droite, quant à la poursuite de l’aide militaire à l’Ukraine.