Emploi : De Villepin entend s'inspirer du "modèle danois" [FR]

Le nouveau premier ministre français a annoncé une série de mesures de lutte contre le chômage largement calquées sur le modèle danois de "flexsécurité". Poul Nyrup Rasmussen, dont le gouvernement introduisit ce système au Danemark dans les années 1990, n'est pourtant guère convaincu par le programme de Dominique de Villepin.

Le nouveau premier ministre français a annoncé une série de mesures de lutte contre le chômage largement calquées sur le modèle danois de « flexsécurité ». Poul Nyrup Rasmussen, dont le gouvernement introduisit ce système au Danemark dans les années 1990, n’est pourtant guère convaincu par le programme de Dominique de Villepin.

Cherchant à dépasser les querelles idéologiques entre adeptes du libéralisme à l’anglo-saxonne et défenseurs du « modèle social » français, Dominique de Villepin a délibérément tourné ses regards vers le Danemark pour tenter de trouver des remèdes aux tares du marché français de l’emploi – la France comptant actuellement 2,5 millions de chômeurs, mais aussi 500 000 postes non pourvus.

Le modèle danois, fondé sur le principe de la « flexsécurité », combine niveau élevé de flexibilité pour les employeurs et protection sociale renforcée pour les chômeurs. Il fut introduit dans les années 1990 par le gouvernement du social-démocrate Poul Nyrup Rasmussen, actuellement élu au Parlement de Strasbourg et président du Parti socialiste européen.  

De Villepin souhaite notamment faciliter l’embauche dans les petites entreprises, grâce en particulier à la création d’un nouveau type de contrat de travail prévoyant une période d’essai de deux ans (pour la flexibilité) ainsi que l’attribution d’un complément d’allocations chômage aux employés licenciés (pour la sécurité).

Dans un entretien accordé à BBC World, Poul Nyrup Rasmussen a estimé que les mesures annoncées par Dominique de Villepin faisaient la part trop belle à la flexibilité, au détriment de la protection des salariés. Les réactions des syndicats français ont été encore plus virulentes, le dirigeant de la CGT déclarant que le nouveau premier ministre « n’a[vait] en rien pris la mesure des exigences sociales [des Français] ».