En Flandre, le test obligatoire de néerlandais pour les immigrés est jugé « irréaliste »

La Flandre s’efforce de standardiser le test linguistique obligatoire pour les ressortissants étrangers qui souhaitent s’y installer à partir du 1er septembre 2023. La date butoir semble inatteignable.

/ Euractiv.com
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Le test NT2, qui évalue les compétences en néerlandais comme seconde langue, fait partie du programme d’intégration du gouvernement tripartite flamand. [SHUTTERSTOCK/Fabianodp]

La Flandre s’efforce de standardiser le test linguistique obligatoire pour les ressortissants étrangers qui souhaitent s’y installer à partir du 1er septembre 2023. La date butoir semble inatteignable en vue de la perfectibilité du dispositif.

Le test NT2, qui évalue les compétences en néerlandais comme seconde langue, fait partie du programme d’intégration du gouvernement tripartite flamand composé des conservateurs de la NV-A (Conservateurs et Réformistes européens), des chrétiens-démocrates du CD&V (Parti populaire européen) et des centriste de l’Open VLD (Renew Europe).

Ce test est crucial pour les immigrés — qui doivent atteindre le niveau A2 — puisqu’il permet, par exemple, d’accéder à un logement social.

Mais à deux mois de la date butoir, le projet semble compromis. Plusieurs experts du Centre for Language and Education (CTO), affilié à l’université KU Leuven, ont été chargés d’évaluer le projet pilote. D’après le quotidien flamand De Standaard, le CTO conclut que « le calendrier proposé est inatteignable », et remet en question sa fiabilité. Il propose ainsi de repousser le lancement du test au mois d’avril prochain.

Pour le moment, la NV-A souhaite s’en tenir à la date du 1er septembre 2023, comme l’a récemment confirmé le ministre de l’Éducation Ben Weyts (N-VA), selon la VRT.

Cette obstination a provoqué la colère du corps enseignant, qui déplore que le gouvernement préfère la rapidité à la qualité. Sur Radio 1, la députée flamande chrétienne-démocrate Loes Vandromme s’est également exprimée sur la nécessité d’établir un test fiable, au regard des conséquences qu’il implique : « Lier des conséquences lourdes pour les gens à un test qui n’est pas encore fiable, ce n’est pas ce que représente la Flandre ».

Elle a ajouté que l’entrée dans la société flamande ne pouvait devenir une « loterie ».

« En guise de réponse, le ministre [flamand de l’Enseignement] me considère comme quelqu’un qui met des bâtons dans les roues. […]. En rendant le test fiable, nous voulons renforcer le filet et ainsi bâtir une politique d’intégration solide », a-t-elle tweeté mardi après-midi (4 juillet).

Les centres d’éducation fondamentale Ligo ainsi que dix centres d’éducation pour adultes avaient déjà saisi la Cour constitutionnelle au début de l’année scolaire pour contester cette nouvelle politique d’intégration. Outre la remise en question de la liberté d’enseignement, l’une des principales remises en cause de ce projet est son coût.

En effet, si le cours devient obligatoire, les nouveaux arrivants originaires de pays non membres de l’UE doivent payer 180 euros.