En voulant sortir de l’OTAN, l’extrême droite slovaque anéantit ses espoirs de rejoindre le gouvernement
L’eurodéputé Milan Uhrík, leader du parti d’extrême droite Republika, a à nouveau formulé l’idée de tenir un référendum sur la sortie de la Slovaquie de l’OTAN. Sur fond d’élections anticipées, cet appel va à l’encontre de la ligne rouge fixée par les partenaires potentiels de la coalition.
L’eurodéputé Milan Uhrík, leader du parti d’extrême droite Republika, a à nouveau formulé, lundi (21 août), l’idée de tenir un référendum sur la sortie de la Slovaquie de l’OTAN. Sur fond d’élections anticipées, cet appel va à l’encontre de la ligne rouge fixée par les partenaires potentiels de la coalition, notamment le parti de l’ancien Premier ministre Robert Fico, grand favori se positionnant clairement contre l’aide à l’Ukraine.
Crédité de près de 8 % des intentions de voix, Republika est en lice pour obtenir un siège dans la coalition au pouvoir, bien que M. Uhrík ait répété que les projets du parti d’organiser un référendum pour la sortie du pays de l’OTAN avaient probablement réduit ses chances de rejoindre une coalition avec le SMER – social-démocratie. Robert Fico avait pourtant déclaré précédemment qu’il n’avait « aucun problème » avec le parti d’extrême droite.
« À la suite de la déclaration effectuée hier par le président de Republika, nous pouvons définitivement affirmer que nous n’entrerons jamais dans une coalition électorale avec ce parti », a déclaré Peter Pellegrini, un transfuge du SMER et actuel président du HLAS – social démocratie, qui est le parti dont le SMER aura besoin pour former un gouvernement après les élections anticipées du 30 septembre.
En juin, M. Fico avait déclaré que le SMER n’entrerait pas dans un accord de coalition qui prévoirait la sortie de la Slovaquie de l’OTAN ou de l’UE. Toutefois, sans Republika, les sondages montrent que le SMER ne compterait pas suffisamment de partenaires pour former un gouvernement majoritaire.
Les élections anticipées en Slovaquie seront déterminantes pour l’approche future de la Slovaquie en matière de politique étrangère et d’État de droit. Par exemple, M. Fico fait campagne pour mettre fin à l’aide militaire apportée à l’Ukraine et pour arrêter les enquêtes sur la corruption qui visent de nombreux membres et ex-membres du SMER.
En ce qui concerne l’union avec l’extrême droite, M. Uhrík a déclaré en mai que la rhétorique préélectorale de HLAS et du SMER avait pour but d’apaiser les électeurs et les médias, précisant que les deux partis « disent qu’ils ne peuvent pas imaginer une coopération avec nous, mais [que ce discours] changera après les élections ».
Si le vent ne tourne pas en faveur du SMER, le gouvernement slovaque pourrait être dirigé par le second parti libéral du pays, Progresívne Slovensko. Dans ce cas, la formation d’une coalition consisterait à rassembler un groupe hétéroclite de partis conservateurs, libéraux, sociaux-démocrates et populistes, unis par leur soutien à l’Union européenne, à l’OTAN et à l’État de droit.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]