Enfin un gouvernement pour la Belgique [FR]

Le nouveau gouvernement belge dirigé par Yves Leterme a prêté serment neuf mois après la victoire de son parti démocrate-chrétien flamand (CD&V) aux élections. Cependant, les sceptiques déclarent que la nouvelle coalition est une farce et qu'elle ne passera pas l’été.

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Le nouveau gouvernement belge dirigé par Yves Leterme a prêté serment neuf mois après la victoire de son parti démocrate-chrétien flamand (CD&V) aux élections. Cependant, les sceptiques déclarent que la nouvelle coalition est une farce et qu’elle ne passera pas l’été.

Les 22 nouveaux membres de l’équipe gouvernementale ont été annoncés le 20 mars. Il comprend 15 ministres et 7 secrétaires d’Etat dont 11 sont flamands et 11 francophones.

Le gouvernement de coalition est composé de cinq partis politiques incluant le CD&V et son équivalent francophone, le cdH, dirigé par Joëlle Milquet. Après avoir reçu le sobriquet de « Madame Non » en raison de sa ligne dure dans les négociations, est devenue ministre fédéral de l’Emploi.

Les partis libéraux flamands et francophones (Open VLD et MR) et les socialistes francophones ont également rejoint le gouvernement. Cependant, le parti apparenté au CD&V, le parti politique flamand N-VA (« Nieuw-Vlaamse alliantie»), un mouvement nationaliste dirigé par Bart De Wever, a décidé, au soulagement des partis francophones, de ne pas faire partie de la nouvelle coalition. Il explique qu’elle proposait trop peu de garanties en matière de réformes institutionnelles de profondeur.

Réformes institutionnelles toujours à l’ordre du jour

Cependant, lors de sa première déclaration gouvernementale au Parlement le 20 mars dernier, M. Leterme a déclaré qu’une grande réforme de l’appareil d’Etat, y compris le transfert de plus de pouvoirs aux trois régions du pays (la Flandre, la Wallonie et Bruxelles) dans des domaines tels que l’emploi, la santé et la politique familiale, reste à l’ordre du jour.

L’objectif est désormais d’obtenir un consensus sur le second paquet de réformes institutionnelles d’ici juillet. Cependant, des critiques s’élèvent en déclarant que l’accord gouvernemental actuel n’est qu’une imposture : il ne renferme ni solution aux problèmes institutionnels et linguistiques qui ont plongé le pays dans une crise politique pendant ces neuf derniers mois, ni d’accord sur les mesures budgétaires concernant les priorités qui ont été approuvées.

Peur de tomber

La principale préoccupation est que les négociations sur le second paquet ne fassent tomber le gouvernement. Le socialiste flamand Bruno Tobback, ancien ministre fédéral de l’Environnement de des pensions, se lamente que le gouvernement s’inscrit dans un cadre temporel et transitionnel jusqu’à juillet. Il ajoute que pendant ce temps, les problèmes concrets, tels que le vieillissement de la population et le changement climatique ne sont pas abordés.

Les Verts regrettent également le manque d’un accord solide qui aurait garanti une gestion de qualité et saine de l’Etat pendant les trois prochaines années à venir. Ils déclarent qu’ils auraient préféré ne pas craindre que cet accord soit une fable et ce gouvernement une parodie. Cependant, les dirigeants écologistes ont déclaré que l’énergie déployée pour dresser les désaccords actuels et pour faire de belles promesses au lieu de faire la liste des détails et des méthodes de financement les jette sérieusement dans le doute.

Le vote de confiance officiel du Parlement pour confirmer le nouveau gouvernement, le 22 mars, devrait néanmoins bien se passer. Cependant, le gouvernement devra également convaincre ses citoyens qu’il est à la hauteur du défi. Selon un sondage pour les chaînes télévisées RTL-TVI etVTM, 63% des Belges ne font pas confiance au nouveau gouvernement et plus de la moitié des gens interrogés pense par ailleurs qu’il tombera d’ici mi-2008.