L'UE lève les sanctions contre la Syrie mais sous conditions

L'Union européenne (UE) a suspendu lundi ses sanctions contre les secteurs syriens de l'énergie, des transports et de la banque, dans le but affiché de normaliser les relations de Bruxelles avec le gouvernement de Damas, et de favoriser la reconstruction de la Syrie.

EURACTIV.com
Damas, le 6 février 2024 Narciso Contreras/Anadolu via Getty Images)

L’Union européenne (UE) a suspendu lundi ses sanctions contre les secteurs syriens de l’énergie, des transports et de la banque, dans le but affiché de normaliser les relations de Bruxelles avec le gouvernement de Damas, et de favoriser la reconstruction de la Syrie.

Le Conseil a expliqué dans une déclaration que cette décision soutiendrait « le redressement, la reconstruction et la stabilisation rapides de l’économie syrienne » et garantirait que la transition politique du pays reste « inclusive ».

Toutefois, il a prévenu que des mesures restrictives resteraient en place pour interdire tout commerce illicite de drogues, d’armes, de logiciels de surveillances, ou d’objets archéologiques.

La Haute représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité Kaja Kallas a déclaré que cette levée des sanctions était « immédiate et illimitée », mais a souligné que cette décision pourrait « être annulée si les nouveaux dirigeants de la Syrie reviennent sur leurs engagements ».

« Il s’agit d’une approche progressive », a-t-elle déclaré aux journalistes à Bruxelles.

Kaja Kallas a ajouté qu’une conférence sur la Syrie se tiendrait à Bruxelles le 17 mars, au cours de laquelle les ministres de l’UE discuteraient de la manière d’amplifier leur soutien à Damas.

Bachar al-Assad a été renversé par les rebelles islamistes du Hayat Tahrir al-Cham (HTC) en décembre dernier. L’organisation a depuis été officiellement dissoute, tandis que son chef, Ahmed al-Charaa, a été nommé président « transitoire » de la Syrie le mois dernier. Ancien membre d’Al-Qaïda, ce dernier tente depuis de donner des gages à la communauté internationale. 

Le HTC est reconnu comme une organisation terroriste par l’UE, les Nations unies et les États-Unis.

Un rapport publié la semaine dernière par les Nations unies estime qu’il faudra 55 ans à l’économie syrienne pour retrouver son PIB d’avant-guerre. L’extrême pauvreté a été multipliée par six durant cette période, pour atteindre 66 % de la population, ajoute le rapport.

(LG)