Explosions au ministère de la Sécurité dans la région pro-russe de Moldavie
Une série d’explosions a frappé le bâtiment abritant le ministère de la Sécurité moldave dans la région séparatiste pro-russe de Transnistrie quelques jours seulement après que Moscou a déclaré que la région pourrait être entraînée dans la guerre en Ukraine.
Une série d’explosions a frappé le bâtiment abritant le ministère de la Sécurité moldave dans la région séparatiste pro-russe de Transnistrie, ce lundi 25 avril, quelques jours seulement après que Moscou a déclaré que la région soutenue par la Russie pourrait être entraînée dans la guerre en Ukraine.
Des responsables du ministère de l’Intérieur de la région séparatiste ont déclaré que le bâtiment avait été la cible d’attaques d’inconnus armés de lance-grenades. C’est ce qu’a rapporté la chaîne de télévision TSV, qui a montré des images d’un lance-grenades abandonné sur les lieux.
La chaîne de télévision a également diffusé des images montrant les fenêtres et les portes de l’immeuble de Tiraspol soufflées, ainsi que des équipes de pompiers sur les lieux.
State security HQ in Transnistria targeted in a hit-and-run rocket propelled grenade attack, a source in Tiraspol tells me. Transnistria is a pro-Russia, self-declared republic in Moldova with a long border with Ukraine. There are about 1,500 Russian troops stationed there. pic.twitter.com/fN4Msmy4Lz
— Simon Ostrovsky (@SimonOstrovsky) April 25, 2022
Selon une déclaration du gouvernement de Transnistrie et les médias locaux, aucune victime ne serait à déplorer.
La Transnistrie, qui a demandé la reconnaissance de son indépendance plus tôt en mars, est considérée par le droit international comme faisant partie de la Moldavie. Cette région limitrophe de l’Ukraine occidentale est toutefois contrôlée par des séparatistes pro-russes et abrite des bases militaires et des dépôts d’armes russes.
Le gouvernement moldave s’est dit « préoccupé par l’incident », qui vise selon lui à créer des tensions dans une région qu’il ne contrôle pas.
« L’objectif de l’incident d’aujourd’hui est de créer des prétextes pour rendre la situation sécuritaire dans la région de Transnistrie tendue, une région qui n’est pas contrôlée par les autorités constitutionnelles » , peut-on lire dans le communiqué.
Ces dernières semaines, les forces russes ont progressé pour couper l’accès de l’Ukraine à la mer — une manœuvre interprétée par les experts militaires occidentaux comme une tentative de créer un couloir terrestre depuis le Donbass contrôlé par la Russie, en passant par la Crimée, jusqu’à la Transnistrie.
Moscou prévoit de s’emparer du sud de l’Ukraine et d’ouvrir une route vers la région moldave de Transnistrie, dans le cadre de la « deuxième phase » de son opération militaire, a déclaré la semaine dernière le commandement du district militaire central (DMC) de la Russie.
« Le contrôle du sud de l’Ukraine est une autre voie d’accès à la Transnistrie », a indiqué Rustam Minnekayev, commandant du DFC, dans une déclaration reprise par les médias TASS et Interfax.
M. Minnekayev a ensuite affirmé qu’il existait des preuves d’« oppression » de la population russophone de la région, une accusation que la Russie a déjà utilisée pour justifier une action militaire dans les régions de Donetsk et de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine, où les minorités russes seraient également opprimées.
Les responsables ukrainiens, quant à eux, ont averti que la Russie pourrait potentiellement utiliser la région pour lancer des attaques en Ukraine occidentale.
« Notre hypothèse est que la Moldavie n’est pas une cible pour une action militaire et [nous] ne voyons aucune raison pour laquelle nous serions attaqués », avait affirmé le ministre des Affaires étrangères moldave, Nicu Popescu, lors d’un entretien accordé à EURACTIV le mois dernier.
« Dans le même temps, en tant que gouvernement, nous avons le devoir de nous préparer à toutes sortes de scénarios — et cela inclut bien sûr les scénarios négatifs », a-t-il ajouté.
La Moldavie a placé ses espoirs dans l’adhésion à l’Union européenne, bien qu’elle n’ait pas suivi l’Ukraine et la Géorgie en demandant l’adhésion à l’OTAN. La plupart des Moldaves parlent roumain et russe, et la moitié d’entre eux auraient obtenu un passeport roumain.