Face au blocage de son adhésion à l'OTAN, la Suède se tourne vers les États-Unis
Le ministre suédois de la Défense Pål Jonson a annoncé lundi entamer des négociations avec les États-Unis relatives à une coopération militaire accrue. Cela arrive alors que la Turquie et la Hongrie continuent de bloquer l’adhésion du pays à l’OTAN.
Le ministre suédois de la Défense Pål Jonson a annoncé lundi entamer des négociations avec les États-Unis relatives à une coopération militaire accrue. Cela arrive alors que la Turquie et la Hongrie continuent de bloquer l’adhésion du pays à l’OTAN.
Une coopération militaire plus étroite entre ces deux pays incluerait la possibilité pour les États-Unis de stocker du matériel de défense en Suède en temps de paix, et de permettre un déploiement plus rapide de renforts américains en Suède en cas de crise, a annoncé M. Jonson lundi (9 janvier).
« Nous avons récemment ouvert des négociations avec les États-Unis. Nous passons de fait du statut de partenaire proche à celui d’allié », a déclaré M. Jonson au quotidien Dagens Nyheter.
« L’objectif est d’obtenir un soutien plus efficace et plus rapide de la part des États-Unis en cas de crise ou de guerre », a-t-il ajouté.
En 2016, la Suède a conclu avec l’OTAN un accord-cadre de coopération militaire, lui permettant de bénéficier d’une plus amble protection de l’organisation internationale dans un contexte de guerre. Des exercices militaires conjoints peuvent aussi être organisés en Suède par le biais de cet accord.
L’ouverture de nouvelles négociations avec les États-Unis « porte sur le statut juridique des soldats américains en Suède, sur le stockage du matériel de défense et sur les investissements dans les infrastructures qui sont importants pour que la Suède » puisse être un allié de poids, a déclaré le ministre de la Défense.
Pour M. Jonson, la future adhésion de la Suède à l’OTAN est fondamentale pour le nouvel accord avec les États-Unis. Néanmoins, la Turquie et la Hongrie n’ont pas encore approuvé la demande du pays à l’adhésion.
Le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg a exprimé sa frustration vis-à-vis de ce retard dans une interview accordée dimanche (8 janvier) à la chaîne de télévision SVT Nyheter : « je pense que la demande devrait être approuvée maintenant et je l’ai exprimé à Istanbul lors de discussions avec le président et les dirigeants de ce pays », a déclaré M. Stoltenberg.
La Suède et la Finlande ont respecté leurs accords conclus avec la Turquie au cours du sommet de l’OTAN qui s’est tenu cet été à Madrid, a-t-il précisé.
« L’OTAN a renforcé sa présence dans la région et la Suède est de plus en plus intégrée dans la coopération civile et militaire de l’alliance de défense », a déclaré M. Stoltenberg.
La Suède a « reçu des garanties de sécurité bilatérales de la part des États-Unis, du Royaume-Uni et de nombreux autres pays membres de l’OTAN dans le cadre du processus d’adhésion », a-t-il ajouté.