Formation du gouvernement slovaque : les démocrates-chrétiens exigent des restrictions sur l’avortement

Le Mouvement chrétien-démocrate est toujours opposé à une coalition avec le leader du SMER, Robert Fico, qui est chargé de former un gouvernement, mais a déclaré qu’une coopération pourrait être envisagée en échange de restrictions sur l’avortement.

EURACTIV Slovaquie
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La semaine dernière, l'avenir de la Slovaquie semblait dépendre de Peter Pellegrini et de son parti HLAS, cependant cette position de faiseur de roi pourrait être affaiblie par un accord entre Robert Fico et le leader du KDH, Milan Majerský. [Shutterstock/NGCHIYUI]

La présidence du Mouvement chrétien-démocrate (KDH), parti affilié au Parti populaire européen (PPE), a déclaré vendredi dernier (6 octobre) qu’elle était toujours opposée à une coalition avec le leader du SMER, Robert Fico, qui est chargé de former un gouvernement, mais qu’une coopération pourrait être envisagée en échange de restrictions sur l’accès à l’avortement.

La semaine dernière, l’avenir de la Slovaquie semblait dépendre de Peter Pellegrini et de son parti, le HLAS – social démocratie, qui est arrivé en troisième position lors des élections et pourrait faire pencher la balance entre le gouvernement pro-russe du SMER (Socialistes et Démocrates européens, S&D) et la Slovaquie progressiste (PS), un parti pro-européen affilié au groupe Renew Europe, arrivé en deuxième position.

Toutefois, cette position de faiseur de rois du HLAS pourrait être affaiblie par un accord entre Robert Fico et le leader du KDH, Milan Majerský.

Selon les médias slovaques, Milan Majerský, qui est le mari de l’eurodéputée PPE Miriam Lexmann, serait tenté d’abandonner les négociations avec les progressistes, ce qui mettrait fin à leurs espoirs de gouverner. Après avoir rencontré M. Fico jeudi dernier (5 octobre), M. Majerský a déclaré que son parti « se dirigeait vers l’opposition ».

« L’accord entre M. Fico et M. Majerský prévoit qu’ils cèdent quelque peu sur l’avortement, ainsi que sur le transfert des fonds européens aux municipalités », a écrit l’ancien dirigeant des démocrates-chrétiens, Alojz Hlina, sur les réseaux sociaux. M. Majerský est le président de l’une des régions de Slovaquie.

Vendredi dernier, la présidence des démocrates-chrétiens a publié une déclaration indiquant qu’elle était toujours opposée à une coalition avec M. Fico, mais elle n’a pas répondu aux rumeurs faisant état d’un accord secret consistant à ne pas entrer dans une coalition avec les progressistes.

Une telle décision limiterait également le pouvoir de négociation de M. Pellegrini, qui ne pourrait plus utiliser l’offre des progressistes pour le siège de Premier ministre afin d’obtenir la même offre de la part du SMER, ce qui lui laisserait probablement le poste de président du parlement.

Débats autour du futur ministre de l’Intérieur

Lors d’un débat télévisé dimanche (8 octobre), la présidente slovaque Zuzana Čaputová a déclaré qu’elle aurait un problème avec la nomination d’une personne accusée d’un crime au poste de ministre de l’Intérieur.

Elle a fait ces commentaires en référence à l’ancien ministre de l’Intérieur (2012-2018) issu du SMER, Robert Kaliňák, a été inculpé à deux reprises. Toutefois, les deux accusations ont été abandonnées par le procureur général sur la base d’un paragraphe 363 contesté.

En 2018, le président de l’époque, Andrej Kiska, a protesté contre la nomination d’un ministre de l’Intérieur après la fuite de photographies montrant le candidat lors d’une célébration d’anniversaire avec M. Kaliňák.

Les juristes avaient alors déclaré que la décision se trouvait « à la limite des pouvoirs constitutionnels ».

Il n’est donc pas certain que Mme Čaputová puisse s’opposer à la nomination d’un ministre si elle le souhaitait.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]