Forum mondial : l’eau est un besoin de base [FR]

Dans un contexte de pressions croissantes exercées par des organisations internationales, des experts et des ONG, les ministres du monde entier ont refusé dimanche (22 mars) de reconnaître l’eau comme un droit de l’homme fondamental, préférant lui conférer le statut de besoin de base.

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Dans un contexte de pressions croissantes exercées par des organisations internationales, des experts et des ONG, les ministres du monde entier ont refusé dimanche (22 mars) de reconnaître l’eau comme un droit de l’homme fondamental, préférant lui conférer le statut de besoin de base.

Le Forum mondial sur l’eau, qui s’est tenu pendant une semaine à Istanbul, s’est clos le week-end de la journée mondiale de l’eau  (dimanche), et a débouché sur l’adoption de la déclaration ministérielle d’Istanbul.  

Au cours du week-end, des ministres de 100 pays ont discuté notamment du droit à l’eau et à l’assainissement, reconnaissant que la question a reçu une attention considérable ces dernières années, et qu’elle est cruciale pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement des Nations unies.

Quant à la déclaration finale, qui n’est pas juridiquement contraignante mais revêt un poids politique important, elle stipule que si l’eau est un besoin humain fondamental, elle ne constitue pas un droit. 

Quelques pays ont déjà consacré le droit à l’eau dans leur constitution nationale. Selon un grand nombre de ministres, la déclaration d’Istanbul ne reconnaît pas suffisamment l’accès à l’eau et l’assainissement comme un droit humain. 

Jean-Louis Borloo, ministre français à l’Ecologie, de concert avec l’Espagne, espère aller aussi loin que possible dans la reconnaissance de l’eau en tant que doit humain, tout en garantissant une certaine cohérence au niveau européen. 

Toutefois, d’autres observateurs ont déclaré qu’il était prématuré d’intégrer des références spécifiques aux obligations existantes en matière de droits humains liées à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement avant la publication du rapport de l’expert indépendant du Conseil des droits de l’homme de l’Onu, Catarina de Albuquerque. Son rapport devrait être publié fin 2011. 

Selon l’AFP, les Etats-Unis, le Brésil et l’Egypte figurent parmi les pays qui ne souhaitent pas inclure une référence au droit à l’eau dans la déclaration finale. 

L’eau peut être un de l’homme tout en étant tarifée

Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat française à l’Ecologie, a souligné le fait que le droit à l’eau ne signifie pas la gratuité de l’eau. 

Maude Barlow, conseillère spéciale de l’Onu sur les questions de l’eau, a également déclaré que l’eau pouvait être un droit humain tout en étant tarifé. Mais la fixation des prix doit être effectuée selon une manière particulière, a-t-il indiqué. L’une d’elles serait de tarifer l’eau en se fondant sur un modèle de tarification global, conformément auquel une certaine quantité d’eau serait disponible gratuitement pour tout le monde, ou à très faible coût, afin de satisfaire aux besoins fondamentaux. Ensuite, le prix de l’eau augmenterait. Ainsi, si vous voulez remplir votre piscine, vous devez payer, a expliqué Mme Barlow. 

Le Japon, par exemple a un système de tarification global à trois niveaux, et beaucoup de communautés commencent déjà à utiliser ce système, c’est donc possible, a-t-elle déclaré.