Gouvernement : l’extrême droite allemande est un « péril pour la stabilité européenne »
Le parti d’extrême droite allemand AfD, dont le congrès a conclu ce week-end que l'UE était un « projet en faillite », est « fondé sur la haine du bouc émissaire » et la « destruction ce qui existe », a affirmé la secrétaire d’Etat chargée de l’Europe Laurence Boone lundi.
Le parti d’extrême droite allemand AfD, dont le congrès a conclu ce week-end que l’UE était un « projet en faillite », est « fondé sur la haine du bouc émissaire » et la « destruction ce qui existe », a affirmé la secrétaire d’Etat chargée de l’Europe Laurence Boone lundi (7 août).
Les membres du parti Alternative für Deutschland (AfD) se sont réunis au cours des deux derniers week-ends (29-30 juillet et 5-6 août) pour adopter une ligne politique commune en vue des élections européennes de 2024. L’eurodéputé Maximilian Krah, dont l’euroscepticisme ne fait pas mystère, a été élu tête de liste la semaine dernière.
Les conclusions du congrès, publiées dimanche (6 août), qualifient notamment le « projet » européen de « faillite », appelant à changer de paradigme en faveur d’une « fédération des nations européennes ».
En revanche, le texte ne reprend pas à son compte une première version publiée en juin qui appelait à une « dissolution ordonnée de l’Union européenne », que des dirigeants du parti ont depuis qualifiée « d’erreur éditoriale ».
Les sondages placent l’AfD en deuxième position lors des prochaines élections européennes, derrière les conservateurs de la CDU mais loin devant le SPD, parti de centre gauche du chancelier allemand Olaf Scholz.
Réaction française
Le positionnement radicalement anti-UE du parti d’extrême droite allemand a fait réagir la secrétaire d’Etat Laurence Boone, qui a précisé lors d’une interview à LCI lundi que l’AfD était avant tout « fondée sur la haine d’un bouc émissaire ».
Elle a critiqué la position « très pro-russe, pas du tout pro-ukrainienne » du parti : « La Russie […] est prête à affamer beaucoup de pays africains pour déstabiliser le monde », de telle manière que le soutien de l’AfD vis-à-vis du Kremlin est « vraiment inquiétant ».
« L’essor de ce parti est un péril pour la stabilité européenne », a-t-elle ajouté.
L’AfD a toujours combattu l’adoption de sanctions imposées par l’UE contre le régime russe à la suite de l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Cette position est partagée par leurs homologues français d’extrême droite du Rassemblement national (RN), accusés par un rapport parlementaire publié en juin d’être « alignés » sur la Russie.
L’ONG Organised Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP) a en outre révélé en février 2023 que des élus de l’AfD avaient été démarchés par les services du Kremlin afin de soutenir l’annexion de la Crimée par la Russie dans les médias occidentaux.
Les eurodéputés de l’AfD sont membres du groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen depuis 2019, mais le parti dans son ensemble n’a jamais été membre officiel. Le congrès a conclu qu’il officialiserait son adhésion au groupe ID en 2024.
L’AfD est le « visage découvert et radical de l’extrême droite européenne » avec un seul objectif en tête, a déclaré Mme Boone à LCI : « Détruire l’UE sans projet alternatif ».
La rhétorique anti-UE a toujours fait partie de « l’ADN » de l’AfD, a déclaré Uwe Jun, spécialiste des partis politiques, à EURACTIV Allemagne lors d’un entretien vendredi (4 août). Sa création en 2013 visait à critiquer la gestion par l’UE de la crise de l’euro, avant de passer à des questions plus larges telles que l’immigration.
Du reste, il incombe aux Etats membres de convaincre les électeurs que l’UE telle qu’elle existe fonctionne, a ajouté la ministre, et qu’elle fait preuve de solidarité sur des questions aussi diverses que les « incendies, les inondations et les vaccins ».