Gérer l'asile à distance, nouvelle approche face à la pression migratoire

Les dirigeants de l'UE réunis au Conseil européen se penchent vendredi sur la question des migrations et de l'asile. La France compte sur l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) pour gérer l'asile vers la France à distance, du Tchad et du Niger.

EURACTIV.fr
La communauté de retourné de la republique centrafricain à Gaoui, lors du visite du Commisaire de l’union européen avec les autorité Tchadien dans le camps à N’djamena.
Officiels Tchadiens et européens dans le camps de N'djamena, en juin dernier.

Les dirigeants de l’UE réunis au Conseil européen se penchent vendredi sur la question des migrations et de l’asile. La France compte sur l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) pour gérer l’asile à distance au Tchad et au Niger.

Plutôt que des lieux d’accueil en Europe, comme il en existe aujourd’hui en Grèce et en Italie, plusieurs pays européens dont l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la France, ont proposé d’installer des bases arrière gérant l’asile en Afrique, avant que les réfugiés venus du Sud du continent ne transitent par le désert et la dangereuse Libye.

La France compte ainsi mettre en place, avec le Haut-Commissariat à l’ONU pour les réfugiés (UNHCR), deux missions, sur deux ans, pour permettre à 3000 personnes d’obtenir le droit d’asile en France.

Une dizaine de représentants de l’Ofpra attendus sur place

« Nos actions vont commencer dans les prochaines semaines » assure à Euractiv Pascal Brice, le directeur de l’Ofpra. Le directeur de l’Ofpra estime qu’ « une dizaine d’agents devraient être déployés, avec des ajustements à raison du nombre de demandes d’asile à traiter ».

« Ces 3000 personnes seront issues de listes établies par le UNHCR. Ces listes répertorient des personnes qui sont présumées avoir besoin de protection », affirme Pascal Brice qui rappelle le rôle de ses agents : « le personnel de l’Ofpra va devoir confirmer ces présomptions, selon trois critères : la réalité de la menace qui pèse sur leur personne, leur intention de migrer vers l’Europe et enfin leur vulnérabilité ».

Plus de 90 000 réfugiés au Tchad et au Niger, selon l’ONU

Selon les listes du UNHCR, le nombre de personnes relevant de la protection internationale dans cette région est bien supérieur à 3000 : l’ONU liste 83 500 personnes au Tchad et 10 500 personnes au Niger éligibles au statut de réfugier. En provenance essentiellement du Sud Soudan (Darfour), du Mali et de Centrafrique, ces personnes fuient les milices de la secte islamiste Boko Haram et la famine.« Notre but premier est de protéger les personnes qui ont besoin du droit d’asile. Cette solution leur évite également d’entreprendre un voyage périlleux vers l’Europe » martèle le directeur de l’Ofpra.

Ces missions en Afrique subsaharienne s’inscrivent dans un plan de réinstallation plus large voulu par Emmanuel Macron et qui concernera 10000 personnes jusqu’en 2019. Les pays limitrophes de la Syrie, comme le Liban, la Jordanie, la Turquie constituent les trois points depuis lesquels des réfugiés sont réinstallés en France. D’après Pascal Brice, « 15 000 personnes en provenance de ces pays ont reçu l’asile depuis 4 ans ». Selon l’agence onusienne, les déplacés Syriens dans ces pays se comptent par millions.