Le parti d’extrême droite allemand de l’AfD hésite à créer un nouveau groupe au Parlement européen
Le parti d’extrême droite de l'Alternative pour l’Allemagne (AfD) hésite à former un nouveau groupe au Parlement européen, celui-ci ne pouvant s'allier qu'avec des mouvements nationalistes aux positions souvent embarrassantes.
Le parti d’extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) hésite à former un nouveau groupe au Parlement européen, celui-ci ne pouvant s’allier qu’avec des mouvements nationalistes aux positions souvent embarrassantes.
Après avoir été exclu du groupe d’extrême droite Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen, désormais dominé par le Rassemblement national (RN), le parti d’extrême droite allemand AfD cherche à former son propre groupe au Parlement européen.
Mardi (25 juin), la délégation de l’AfD, dirigée par René Aust, a pourtant décidé de reporter son projet d’annoncer la formation d’un nouveau groupe, initialement prévu pour la fin de la semaine.
En effet, certains membres du mouvement craignent d’être considérés comme des extrémistes, à l’instar d’autres petits partis du Parlement, alors qu’ils cherchent plutôt à adoucir leur image, a déclaré une source à Euractiv.
Le parti est observé avec attention en Allemagne, et « [en cas de la formation d’un groupe] nous siégerons à Bruxelles avec des eurodéputés qui diront exactement ce dont les gens accusent l’AfD », ajoute la source.
Plusieurs personnes au sein de l’AfD ont expliqué que le groupe aurait pu être formé d’un point de vue technique, la liste des candidats répondant à l’exigence de réunir 23 eurodéputés de sept pays différents.
Selon la première source, trois des partis candidats doivent être « une fois de plus contrôlés, pour voir si ces derniers donnent satisfaction ».
La délégation souhaite examiner plus en détail la possibilité d’une association avec le Mouvement Notre patrie, un parti hongrois pro-russe, et avec le parti nationaliste S.O.S. Roumanie. Le mouvement extrémiste slovaque Republika fera également l’objet d’un examen.
Des mouvements qui pourraient « être incontrôlables », explique encore la source d’Euractiv au sein de l’AfD.
Un choix cornélien
Le parti allemand d’extrême droite doit désormais se décider.
Ce dernier fait déjà l’objet d’une enquête des services de renseignements intérieurs allemands, qui doivent déterminer si le mouvement doit être considéré comme « extrémiste ». S’allier avec les partis les plus nationalistes du Parlement pourrait donc mettre certains membres de l’AfD dans une position inconfortable.
La question de la formation de ce nouveau groupe devrait être débattue lors de la conférence fédérale du parti, ce week-end.
La décision finale sera probablement prise lorsque la délégation de l’AfD auprès de l’UE se réunira à nouveau mardi (2 juillet).
Afin d’être enregistré pour la première séance plénière du Parlement européen et ainsi bénéficier de revenus importants pour la communication et les activités parlementaires du groupe, ce dernier doit être annoncé d’ici à jeudi prochain.