Glyphosate : l’UE lance une nouvelle évaluation scientifique qui pourrait durer jusqu’à 21 mois
Bruxelles se penche actuellement sur une récente étude montrant que le glyphosate peut être lié à une augmentation du taux de tumeurs chez les rats, et ce même à des doses considérées comme sûres selon les normes européennes actuelles.
La Commission européenne a chargé l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) de réexaminer les risques pour la santé liés au glyphosate, un herbicide controversé dont l’usage est autorisé dans l’UE jusque fin 2033.
Cette décision, annoncée dans une lettre publique datée du 24 juin, fait suite à une étude récente de l’Institut Ramazzini suggérant une hausse de l’incidence des tumeurs chez des rats exposés à des doses de glyphosate conformes aux normes européennes actuelles. Des résultats qui remettent potentiellement en cause les conclusions précédentes des autorités sanitaires européennes.
L’EFSA et l’ECHA auront jusqu’à 21 mois pour mener leur nouvelle évaluation : 15 mois pour l’ECHA, puis 6 mois supplémentaires pour l’EFSA. Cette analyse ne pourra toutefois commencer qu’une fois que les agences auront reçu les données brutes de l’étude — ce qui n’avait pas été possible en 2023, faute de coopération. Cette fois, le directeur de l’Institut Ramazzini, Daniele Mandrioli, a confié à Euractiv que son équipe était prête à transmettre les données sur demande.
Le délai de 21 mois a été convenu conjointement par les deux organismes de règlementation.
Dans sa demande, la Commission souligne l’importance d’obtenir « toutes les informations et les données nécessaires » pour déterminer si ces nouvelles données auraient « une incidence sur les conclusions » de leur précédente évaluation conjointe de la substance.
Pour rappel, l’UE avait renouvelé en 2023 l’autorisation du glyphosate pour dix ans, soit jusqu’au 15 décembre 2033, estimant qu’il n’existait « aucune justification scientifique ou juridique » pour une interdiction. Mais les inquiétudes persistent dans l’opinion publique, et les appels à la prudence n’ont jamais cessé.
Lundi 30 juin, un groupe de 33 eurodéputés, emmené par Christophe Clergeau (Socialistes et Démocrates européens, S&D), a adressé une question écrite à la Commission pour demander une révision formelle de l’autorisation du glyphosate à la lumière des nouvelles données.
La Commission européenne n’a pas répondu à notre demande de commentaires au moment de la publication de cet article.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]