Plan de lutte contre le cancer : une étude du Parlement européen salue l’initiative mais déplore le manque d’action législative

Une étude commandée par le service de recherche du Parlement salue le plan européen de lutte contre le cancer comme un jalon dans la politique de santé de l’UE, mais prévient que les efforts de prévention en matière de tabac, d’alcool et de nutrition sont insuffisants.

EURACTIV.com
[Getty Images/Michael Blackshire_Los Angeles Times]

Préparée avec la commission de la Santé publique (SANT) du Parlement, l’étude évalue la mise en œuvre du plan européen de lutte contre le cancer (Beating Cancer Plan), doté d’une enveloppe de 4 milliards d’euros de l’UE et qui comprend 10 initiatives phares et 32 mesures.

« Le plan européen de lutte contre le cancer est devenu une initiative phare de la politique de santé de l’UE, établissant une nouvelle norme pour une action coordonnée et motivée sur les maladies non transmissibles », conclut l’étude, publiée lundi 20 octobre.

Le rapport attribue au plan le mérite d’avoir élevé la prévention et la prise en charge du cancer au rang de priorité de l’UE en matière de santé, d’avoir inspiré des réformes nationales et d’avoir renforcé la coopération entre les États membres.

En outre, l’élargissement des programmes de vaccination contre le papillomavirus et de dépistage du cancer est considéré comme une réussite majeure, tandis que la structure globale est décrite comme un « modèle puissant » pour les travaux futurs de l’UE sur d’autres maladies majeures.

Les stratégies de prévention ont pris du retard

Toutefois, les progrès des stratégies de prévention restent inégaux, notamment en ce qui concerne le tabac, l’alcool et la nutrition.

Le rapport cite « l’inaction législative » et « la mise en œuvre fragmentée dans les États membres » comme des obstacles majeurs à la réalisation de l’objectif d’une « génération sans tabac » d’ici 2040.

Alors que la Commission a proposé de réviser la directive sur la taxation du tabac, la mise à jour plus complète de la directive sur les produits du tabac — qui règlemente la fabrication et la vente de tabac et de produits connexes — n’a pas encore été concrétisée.

De même, l’engagement pris dans le plan de réduire la consommation nocive d’alcool de 10 % d’ici à 2025 n’est pas respecté. La révision promise des règles de taxation de l’alcool dans l’UE est en suspens, et les propositions relatives aux avertissements sanitaires obligatoires n’ont pas progressé. La réforme de la fiscalité, note l’étude, reste « politiquement sensible ».

Les progrès en matière d’étiquetage nutritionnel harmonisé à l’échelle de l’UE sur le devant des emballages sont également au point mort.

La Commission a publié sa propre évaluation du plan en février de cette année, signalant plusieurs difficultés, notamment les obstacles financiers à la mise en œuvre des mesures nationales de lutte contre le cancer.

L’exécutif européen n’a pas encore spécifié comment l’initiative sera financée dans le prochain budget pluriannuel de l’Union (2028-2034), mais le commissaire à la Santé, Olivér Várhelyi, a confié à Euractiv lors d’un entretien que le plan de lutte contre le cancer était l’un de ses « engagements majeurs ».