Hamas-Israël : la France ne tolérera « aucun acte, aucun propos antisémite »

La France ne tolérera « aucun acte, aucun propos antisémite » dans le pays, a déclaré mardi (10 octobre) la Première ministre française Elisabeth Borne au quatrième jour de la guerre déclenchée contre Israël par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Questions to the government at the National Assembly in Paris
Le Premier ministre français Elisabeth Borne s'exprime lors de la session hebdomadaire des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale à Paris, France, le 10 octobre 2023. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

La France ne tolérera « aucun acte, aucun propos antisémite » dans le pays, a déclaré mardi (10 octobre) la Première ministre française Elisabeth Borne au quatrième jour de la guerre déclenchée contre Israël par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Deux manifestations pro-palestiniennes qui devaient se tenir jeudi (12 octobre) à Paris ont été interdites par arrêté, a annoncé mardi soir la préfecture de police à l’AFP.

Cette interdiction a été prise « compte tenu des risques de troubles à l’ordre public », a expliqué la préfecture de police. La Première ministre a promis « la plus grande fermeté à tous ceux qui voudraient utiliser ce conflit comme prétexte à l’antisémitisme ». À l’adresse de la communauté juive, elle a affirmé : « Nous sommes avec vous. S’en prendre à vous, c’est s’en prendre à toute la République ».

Une cinquantaine d’« actes antisémites », parfois « particulièrement graves », ont été recensés en France depuis l’attaque samedi d’Israël par le Hamas, a affirmé mardi le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

« Des gens qui vont devant des synagogues, nombreux, qui crient des menaces. Il y a eu 16 interpellations depuis deux jours. Des drones qui rentrent dans des cours d’école avec une caméra. Mais aussi des slogans, des tags, des lettres de menaces », a listé M. Darmanin, ajoutant que les services de police avaient relevé « 1000 signalements antisémites en 48 heures ».

L’attaque du Hamas est « une attaque terroriste, commise par un groupe terroriste », a insisté mardi Mme Borne.

« La barbarie et le niveau de violence inimaginables nous rappellent les pires moments de notre combat contre l’État islamique. Ceux qui ont soutenu, financé et armé le Hamas ont basculé, avec lui, dans l’ignominie », a-t-elle ajouté.

Ce conflit est un « traumatisme qui nous replonge 50 ans en arrière », a encore souligné la cheffe du gouvernement, dont le père, de confession juive, ne s’est jamais remis de la déportation et a mis fin à ses jours quand sa fille avait 11 ans.

Le gouvernement est « extrêmement vigilant à ce qu’aucun euro d’aide française ne parvienne à une quelconque organisation terroriste, ni à Gaza ni ailleurs », a par ailleurs stipulé Mme Borne, en faisant une distinction avec l’aide humanitaire.

« Je n’ignore pas les interrogations sur notre aide humanitaire. Notre aide est versée à des organismes de l’ONU sur place, qui agissent directement pour l’accès à l’eau, la sécurité alimentaire, la santé ou l’éducation », a dit la Première ministre, en réponse au patron du parti Les républicains (droite) Eric Ciotti qui a appelé à « couper toute aide au développement à ceux qui participent au financement du terrorisme ».

La question de l’aide aux Palestiniens a fait l’objet de messages dissonants au sein de l’Union européenne. Un commissaire européen, Olivier Varhelyi, avait annoncé lundi (9 octobre) la suspension de tous les paiements prévus dans le cadre de cette aide au développement.

La Commission avait ensuite fait savoir qu’elle lançait « un réexamen urgent de l’assistance de l’Union européenne à la Palestine », sans plus faire mention d’une telle suspension.

La France n’est « pas en faveur de la suspension de l’aide qui bénéficie directement aux populations palestiniennes », a assuré mardi le ministère français des Affaires étrangères, ajoutant qu’elle l’avait « fait savoir à la Commission européenne ».

Une position réitérée depuis Hambourg, en Allemagne, par le président français Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse avec le chancelier Olaf Scholz.