Hollande européanise son entourage
Députés européens en place ou anciens parlementaires à Bruxelles, membres d’association concernées par les politiques européennes, l’équipe de campagne d’Hollande compte quelques personnalités initiées aux affaires de l’UE.
Députés européens en place ou anciens parlementaires à Bruxelles, membres d’association concernées par les politiques européennes, l’équipe de campagne d’Hollande compte quelques personnalités initiées aux affaires de l’UE.
La crise de la zone euro occupe l’espace médiatique et politique en France. La réforme des perspectives financières et avec elle celles de la politique agricole commune et de la politique régionale figureront également parmi les sujets-clés de l’année 2012 au plan européen. En clair, l’UE devrait être présente dans la campagne pour l’élection présidentielle.
Le message semble avoir été entendu par le candidat socialiste François Hollande. Dans l’armée prête à travailler avec lui pour préparer l’échéance à venir, un petit bataillon d’Européens a été sélectionné.
Présentation de l’équipe de campagne par francoishollande
Ancien ministre et députés européens
A la tête du groupe tout d’abord, l’ancien député européen et secrétaire d’État aux Affaires européennes Pierre Moscovici. Même s’il a bien fait comprendre que ses ambitions sont ailleurs, « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », a-t-il déclaré récemment à ce sujet, le député du Doubs ne rechigne pas à s’exprimer sur les politiques européennes.
Dans le staff dirigeant de la campagne, le fidèle de François Hollande, Stéphane Le foll est en bonne place. Député européen depuis 2004, il en connaît un rayon sur la Politique agricole commune (PAC). Il a d’ailleurs réussi à faire adopter la position de la délégation des députés socialistes français à Bruxelles sur la PAC par le groupe socialiste et démocrate au Parlement européen.
La « Madame Europe », proprement dite, sera Catherine Trautmann. Egalement eurodéputée depuis 2004, elle est reconnue pour son action à Bruxelles notamment sur les communications électroniques lors de la dernière mandature. Elle est actuellement chef de la délégation des eurodéputés socialistes français et fait campagne pour succéder au président du groupe des députés socialistes au Parlement européen, l’Allemand Martin Schultz. Ce dernier devenant président de l’Assemblée strasbourgeoise à partir de janvier 2012.
Proche de François Hollande depuis de nombreuses années, Kader Arif est secrétaire national du PS aux fédérations, il est élu au Parlement européen depuis 7 ans et membre de la commission du Commerce international. Dans l’équipe du candidat il sera le conseiller thématique en charge de la coopération.
Vincent Peillon, peu connu pour son implication à Bruxelles est néanmoins député européen. Membre de la commission des Affaires étrangères au parlement, il sera chargé de l’éducation dans l’équipe de campagne.
ARF et CRPM
Parlementaires à Bruxelles lors de la dernière mandature, l’écologiste Marie-Hélène Aubert et la socialiste Marie-Arlette Carlotti sont également de la partie. Elles seront respectivement en charge de l’environnement et de l’égalité hommes-femmes auprès du candidat socialiste.
Alain Rousset n’est pas député mais fréquente régulièrement les arcanes bruxelloises. Président de l’association des régions de France, il a été nommé conseiller en charge de la production industrielle, de l’agriculture et de la pêche par Hollande. Une mission pas anodine pour celui qui devra gérer en 2012 le dossier de l’avenir de la politique régionale européenne, deuxième poste financier de l’UE aujourd’hui lâchée par le gouvernement pour privilégier le maintien du budget de la Politique agricole commune.
Fidèle parmi les fidèles, le président de la Région Bretagne, Jean-Yves Le Drian, se frotte également régulièrement aux politiques européennes. A la tête de la Conférence des régions périphériques et maritimes d’Europe, il sera en charge des questions de défense au sein du staff.
Sur les dossiers internationaux, l’ancien premier ministre Laurent Fabius continuera à définir les positions du futur éventuel gouvernement pour éviter l’improvisation dans l’urgence en cas d’élection en 2012, comme cela avait été le cas en 1997. Il ne fait cependant pas partie de l’équipe officielle de campagne.
A peine élu à la primaire, François Hollande avait dit à la délégation des parlementaires socialistes français à Bruxelles qu’il comptait « s’appuyer sur eux ». Cette première promesse de candidat a, en théorie au moins, été tenue.