Huit ONG exigent que les droits humains soient au centre du dialogue UE-Cuba
Huit ONG ont exigé lundi (22 mai), dans une lettre envoyée au chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, que la question des droits humains soit au centre du dialogue entre l’UE et Cuba à un « moment crucial » pour les défenseurs des libertés sur l’île caribéenne.
Huit ONG ont exigé lundi (22 mai), dans une lettre envoyée au chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, que la question des droits humains soit au centre du dialogue entre l’UE et Cuba à un « moment crucial » pour les défenseurs des libertés sur l’île caribéenne.
Le chef de la diplomatie européenne est attendu à La Havane pour participer le 26 mai au troisième Conseil conjoint UE-Cuba avec son homologue cubain Bruno Rodriguez, dans le cadre de l’Accord de dialogue politique et coopération, signé à La Havane en 2016.
À cette occasion, les ONG demandent au haut responsable européen de « s’assurer que les droits humains restent au centre des relations entre l’UE et Cuba à un moment crucial pour les défenseurs des droits humains », selon la lettre publiée sur le site de l’organisation suédoise Civil Rights Defenders et signée par sept autres ONG parmi lesquelles Amnesty International, Human Rights Watch et la FIDH.
Elles demandent notamment à M. Borrell d’exiger des autorités cubaines qu’elles s’engagent à « libérer de façon immédiate et inconditionnelle toutes les personnes détenues seulement pour avoir exercé leurs droits humains, notamment les droits à la liberté d’expression et de réunion ».
Selon ces ONG, à la suite des manifestations antigouvernementales historiques du 11 juillet 2021 où plusieurs milliers de Cubains étaient descendus dans la rue aux cris de « Liberté » et « Nous avons faim », les lois restrictives, la censure et les intimidations contre les voix dissidentes n’ont cessé de se renforcer.
À la suite de ces manifestations, plus de 1 800 personnes ont été arrêtées et 768 sont toujours en prison, selon l’ONG cubaine 11 J. Près de 500 manifestants ont été condamnés, parfois jusqu’à 25 ans de prison, selon les derniers chiffres officiels.
Les organisations signataires de la lettre rappellent également la situation de deux artistes dissidents, Luis Manuel Otero Alcantara et Maykel « Osorbo » Castillo, arrêtés en 2021 et condamnés respectivement à cinq ans et neuf ans de prison.
« L’ampleur de la crise des droits humains à Cuba doit être accompagnée d’une réponse proportionnelle de la part de l’UE et de ses États membres », ajoutent-elles.
Cuba et l’UE ont signé en décembre 2016 un accord historique de dialogue et de coopération, entré en vigueur en 2017.
Depuis, les deux parties mènent régulièrement des réunions sur différentes thématiques, mais la dissidence cubaine critique régulièrement le manque d’exigence de l’accord sur les droits humains et le fait de ne pas être invitée aux discussions.